Le programme du 18 au 24 février 2015

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Vous avez été nombreux à venir profiter de ce "CYCLE POLARS" qui a été un moment très réussi, avec des films vraiment très bien, parfois légers, parfois lourds, mais profonds et superbement joués. Et il ne faut pas oublier une ambiance très conviviale autour de l'apéritif du vendredi soir offert par la Mairie et de l'apéritif dinatoire offert par Entretoiles samedi. Vous avez été près de 300 à braver le déluge pour venir  profiter de tout cela et montrer ainsi que l'Eldo CGR et Entretoiles sont des biens précieux pour vous !
Cette semaine, une programmation toujours aussi riche et foisonnante, additionnée d'une programmation enfants de qualité - vacances scolaires obligent.
En nouveauté, vous avez le nouveau Clint Eastwood qui a alimenté la polémique American sniper : c'est le moment de vous faire votre opinion ! Vous avez aussi White god, film hongrois, parabole de la bataille que se livrent l'amour et la haine, et qui est très sûrement un magnifique film. Et enfin, L'homme du peuple de Wajda, portrait de Lech Walesa qui clôt la trilogie du réalisateur sur les grand moments du communisme polonais.
Les films qui restent de la semaine dernière sont : Timbuktu (attention ! après, il s'en va et il faut le voir !), A capella, le film coréen, Qui vive avec l'acteur Reda Kateb, époustouflant, Imitation game et Whiplash.
Voilà le festin de la semaine !
Alors, profitez-en ! Allez au cinéma, transférez ce mail à tous ceux qui pourraient être intéressés, et adhérez si ce n'est pas fait !Et si vous souhaitez recevoir ce billet directement dans votre boîte, envoyez un e-mail à entretoiles83300@gmail.com.

PROGRAMMATION DU 18 AU 24 FEVRIER 2015

American Sniper
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American Sniper
Réalisé par Clint EASTWOOD
USA - 2015 - 2h12 - VOSTF
avec Bradley Cooper, Sienna Miller, Luke Grimes...
Tireur d’élite des Navy Seal, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende". Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : "Pas de quartier !" Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale... lire la suite
CGR Eldorado : vendredi 14h - mercredi 15h45 - dimanche 18h - jeudi, lundi 20h30
L'Homme du peuple
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L'homme du peuple
Réalisé par Andrzej WAJDA
Pologne - 2014 - 2h08mn - VOSTF
avec Robert Wieckiewicz, Agnieszka Grochowska, Iwona Bielska...
L'Homme du peuple est tour à tour infatué, mégalo, macho, manipulateur, mais aussi courageux, rusé, charismatique… Le portrait de Lech Walesa, le héros de Solidarité, premier syndicat libre du monde communiste, que dresse Andrzej Wajda est bien plus intéressant que l’on pouvait s’y attendre. Le cinéaste polonais est un admirateur affiché. Pourtant, il en renvoie une image complexe, fidèle au personnage, admirable et exaspérant. Après l’Homme de marbre puis l’Homme de fer, l’Homme du peuple clôt la trilogie que Wajda consacre aux grands moments du communisme en Pologne. Avec Lech Walesa, il revisite une vingtaine d’années, des émeutes ouvrières de 1970 à la victoire de Solidarité dans les urnes en 1989... lire la suite
CGR Eldorado : vendredi 14h - jeudi, samedi, lundi, mardi 18h - mercredi, dimanche 20h30
White God
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White God
Réalisé par Kornel MUNDRUCZO
Hongrie - 2014 - 2h - VOSTF
avec Zsofia Psotta, Sandor Zsoter, Lili Monori, Laszlo Galffi… et 250 chiens parmi lesquesl Luke et Body, qui se sont mis à deux pour interpréter le rôle de Hagen/Max...
Grand Prix "Un certain regard" du Festival de Cannes
White God, c'est une parabole, une fable, un fantastique conte… qu'on pourrait simplement se régaler à voir si ne se profilait, derrière cette histoire d'un amour exceptionnel entre une jeune fille et son chien, une image terriblement lucide de la Hongrie, de l'Europe, du monde tels qu'il vont… C'est le principe même du conte de laisser entrevoir, derrière un récit qui vous happe, vous emporte, des choses que l'on a du mal à s'avouer. Sous le beau rêve magique, grouillent parfois de sombres ténèbres... lire la suite
CGR Eldorado : jeudi 14h - vendredi, dimanche, mardi 18h - mercredi 18h15 - samedi, lundi 20h30
Le Chant de la Mer
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Le Chant de la Mer
Film d'animation réalisé par Tomm Moore
2014
avec David Rawle, Fionnula Flanagan, Brendan Gleeson...
C'est quoi, une « selkie » ?... Une variante de la sirène, ­mi-femme, mi-... phoque. A partir de cette étrange créature du folklore celtique, l'Irlandais Tomm Moore a imaginé un conte animé tout brillant d'embruns, tout couvert de magie moussue et de sentiments doux. Au commencement, il y a un phare, perché au bord d'un océan bleu nuit, plein de volutes et d'entrelacs. C'est le foyer de Ben et de sa petite soeur Maïna, dont la maman a mystérieusement disparu. Qu'est-elle devenue ? Et que va devenir Maïna, cette gamine mutique à la bouille ronde de lutin ? Recueillis en ville par leur grand-mère, les deux enfants s'échappent et se lancent dans une aventure peuplée de farfadets cocasses et de génies chevelus... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi, samedi, dimanche, mardi 14h, lundi 16h15
Qui vive
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Qui vive
Réalisé par Marianne TARDIEU
France - 2014 - 1h24 
avec Reda Kateb, Adèle Exarchopoulos, Moussa Mansaly, Rashid Debbouze...
Pour un coup d'essai, c'est un coup de maitre ! Avec Qui vive, la jeune réalisatrice Marianne Tardieu nous donne un film rare, aussi modeste que superbe. Superbe parce que modeste. Modeste et juste. D'une pénétrante justesse qui s'impose d'emblée, qui fait immédiatement exister les rues, les immeubles, les lumières, les mouvements de cette cité de banlieue. Et les personnages, d'autant plus passionnants qu'ils sont ordinaires, qu'ils ressemblent à tout un tas de gens qu'on croise tous les jours et auxquels on ne prête pas attention. Ici c'est la banlieue de Rennes mais ça pourrait être celle de n'importe qu'elle grande ville. Ici le personnage central c'est Chérif, mais des Chérif il doit y en avoir des milliers, semblables et singuliers... lire la suite
CGR Eldorado : jeudi, vendredi, samedi, mardi 14h - lundi 16h15 - dimanche 18h30 - mercredi 20h30
A Cappella
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A Cappella
Écrit et réalisé par LEE Su-jin
Corée du Sud - 2013 - 1h52 - VOSTF
avec Chun Woo-hee, Jung In-sun, Kim So-young, Lee Young-lan...
C'est un remarquable thriller psychologique et social, un puzzle fascinant qui se dessine pièce par pièce, dévoilant progressivement une intrigue qui plonge aux tréfonds de la noirceur de l'âme humaine. Au début du film, son héroïne, la lycéenne Han Gong-ju, dont le visage d'ange contraste avec la tragédie qu'elle semble cacher, doit rassembler en catastrophe ses affaires, quitter précipitamment son établissement scolaire et intégrer un nouveau lycée, pour une raison inconnue mais, de toute évidence, grave... lire la suite
CGR Eldorado : jeudi 14h - samedi 18h - dimanche, mardi 20h30
Panique chez les jouets
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Panique chez les jouets
Film d'animation de Joël Simon, Bruno Collet, Vincent Patar et Stéphane Aubier
France / Belgique - 2014 - 43mn
avec Joel Simon, Bruno Collet, Vincent Patar...
Panique chez les jouets est clairement à part. S’adresse-t-il vraiment au jeune public ? Sans doute, mais il y a fort à parier que les adultes y prendront autant, voire plus, de plaisir. Notamment face àLa Bûche de Noël, servi en dessert du programme, le nouveau délire de Patar et Aubier, créateurs des mythiques PicPic André, qui reprennent les personnages de leur long Panique au village pour trente minutes de conte de Noël parfumé à la bière belge.... lire la suite
CGR Eldorado : lundi 14h  et 15 h - mercredi, dimanche 16h - mercredi, dimanche 17h
108 Rois-Démons
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108 Rois-Démons
Film d'animation réalisé par Pascal Morelli
France / Belgique / Luxembourg - 2015 - 1h44mn
avec Sylvain Mounier, Melissa Cornu, Hugues Hausman...
Aidé par Zhang-le-Parfait, le jeune prince Duan doit fuir son royaume pour avoir une chance de faire rétablir l'ordre après l'assassinat de son père. Sur leur route, le maitre et le disciple vont croiser les Rois-Démons qui terrorisent le pays. Cette histoire peu connue chez nous est intéressante et même si les blagues ne fonctionnent pas toutes, et que parfois on ne sait plus trop si c'est plutôt destiné à un public adulte ou plus jeune, il y a beaucoup d'humour. D'ailleurs on ne peut s'empêcher de trouver un petit côté Astérix et ses irréductibles gaulois, avec en plus un homme qui essaye d'attraper les 108 Rois-Démons qui est très maladroit. Et leur potion magique, c'est tout simplement la peur qu'ils suscitent autour d'eux... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi, samedi, dimanche, lundi, mardi 14h
Imitation Game
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Imitation Game
Réalisé par Morten TYLDUM
Royaume-Uni / USA - 2015 - 1h54mn - VOSTF
avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode...
A la fois thriller historique, biopic épique et drame intime, Imitation Game, façonné pour gagner des Oscars et séduire le grand public, n’en est pas moins un film intelligent et captivant.
1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.
.. lire la suite
CGR Eldorado : mercredi, lundi 14h - dimanche 16h - samedi 18h - jeudi 20h30
Timbuktu
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Timbuktu
Réalisé par Abderrahmane SISSAKO
Mauritanie - 2014 - 1h37mn - VOSTF
avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri, Fatoumata Diawara...
Scénario d'Abderrahmane Sissako et Kessen Tall
Une étendue de sable ocre inondée d’une lumière chaude et dorée… Paysage d’une beauté tranquille, comme une image de la paix… Légère, bondissante, cavale une gazelle agile. On devine à peine son regard de biche incomparablement fardé, souligné de noir par la nature. Séductrice malgré elle. Finesse et fragilité, force et vivacité… À peine a-ton le temps de l’admirer qu’on s’aperçoit que sa course est celle d’une bête traquée. Elle fuit ce monstre disproportionné, ce gros quatre-quatre et ses occupants armés jusqu’aux dents qui commencent à tirer… « Ne la tuez-pas, fatiguez-là ! » ordonne l’un d’entre eux. Pourquoi ?... lire la suite
CGR Eldorado : lundi 18h15 - jeudi, samedi 20h30
Whiplash
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Whiplash
Réalisé par Damien CHAZELLE
USA - 2014 - 1h45 - VOSTF
avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser...
Grand Prix et Prix du Public, Festivals de Sundance et du Cinéma américain de Deauville
« Avec Whiplash, je voulais réaliser un film qui ressemble à un polar à suspense – un film dans lequel les instruments de musique remplacent les armes à feu et où l’action se déroule dans une salle de répétition ou sur une scène de concert – et je voulais filmer chaque concert comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, une course-poursuite ou disons un braquage de banque. » Damien Chazelle. Un deux, un deux trois quatre… C'est l'histoire d'un jeune type têtu qui s'entête à tenir le tempo en tapant sur ses toms, un mec qui cogne en cadence et claque ses coups crescendo, de saccades en syncopes, grosse caisse, caisse claire... lire la suite
CGR Eldorado : lundi 16h15 - jeudi 18h - vendredi 20h30



Et si vous voulez en savoir un peu plus...

American Sniper
sniperRéalisé par Clint EASTWOOD
USA - 2015 - 2h12 - VOSTF
avec Bradley Cooper, Sienna Miller, Luke Grimes...

Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende". Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : "Pas de quartier !" Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Taxé de racisme dès ses premières projections, le film du grand Clint revêt finalement plus la forme d’une analyse sur les conséquences d’un état de fait, que sa justification quelconque. Il a suffi de quelques projections pour que les premières retombées critiques du American Sniperde Clint Eastwood soient impétueuses, véhémentes, et pour le moins polémiques ! C’est probablement la brûlante actualité internationale qui lui a valu sa récupération politique globale, où chacun y va de sa petite analyse personnelle qui, au bout du compte, ne fait que se plier à une argumentation préfabriquée propre aux idéaux politiques de chacun des clans s’exprimant. Le message réellement délivré par le long métrage en devient nébuleux tellement les lecteurs ont été conditionnés par l’encre qui a coulé avant même d’avoir pu intégrer les salles obscures. En substance, American Sniper ne peut s’apprécier qu’à une seule et unique condition : l’appréhender comme une pièce complémentaire de la filmographie d’Eastwood, un addenda filmique qui prolonge des obsessions à présent longuement développées au gré d’une carrière riche et précieuse.

CGR Eldorado : vendredi 14h - mercredi 15h45 - dimanche 18h - jeudi, lundi 20h30




L'Homme du peuple
L'HOMME DU PEUPLERéalisé par Andrzej WAJDA
Pologne - 2014 - 2h08mn - VOSTF
avec Robert Wieckiewicz, Agnieszka Grochowska, Iwona Bielska...

L'Homme du peuple est tour à tour infatué, mégalo, macho, manipulateur, mais aussi courageux, rusé, charismatique… Le portrait de Lech Walesa, le héros de Solidarité, premier syndicat libre du monde communiste, que dresse Andrzej Wajda est bien plus intéressant que l’on pouvait s’y attendre. Le cinéaste polonais est un admirateur affiché. Pourtant, il en renvoie une image complexe, fidèle au personnage, admirable et exaspérant. Après l’Homme de marbre puis l’Homme de fer, l’Homme du peuple clôt la trilogie que Wajda, 88 ans, consacre aux grands moments du communisme en Pologne. Avec Lech Walesa, l’électricien moustachu des chantiers navals de Gdansk qui dans les années 80 dirigea un syndicat de 10 millions de membres, il revisite une vingtaine d’années, des émeutes ouvrières de 1970 à la victoire de Solidarité dans les urnes en 1989.

Le film se présente comme un biopic dont le fil rouge est une interview fleuve - reconstituée - de 1981 entre la journaliste italienne Oriana Fallaci et Lech Walesa. Aussi narcissiques l’un que l’autre, ils prennent plaisir à se mesurer. L’acteur qui joue Walesa reprend sa façon de se rengorger du menton, ses airs rusés lorsqu’il négociait avec les communistes, son plaisir à être applaudi par la foule… Les images d’archives se mêlent aux reconstitutions : elles montrent la brutalité des Zomos, les forces antiémeute du régime, la surveillance des opposants, les files d’attente pour acheter pain, lait… Le tout sur fond de rock de l’Est anticommuniste.

C’est sans doute lors de la loi martiale, décrétée le 13 décembre 1981 par le général Jaruzelski, que le chef de Solidarité entre dans l’histoire. Arrêté, il est interné. Pendant des mois, on va faire pression sur lui pour qu’il se renie. Mais il tient bon. Par un éclair de lucidité, Walesa dit un jour : « Je suis si haut que je ne pourrai plus que descendre. » La prophétie s’est réalisée.(Utopia)

CGR Eldorado : vendredi 14h - jeudi, samedi, lundi, mardi 18h - mercredi, dimanche 20h30




White God
WHITE GODRéalisé par Kornel MUNDRUCZO
Hongrie - 2014 - 2h - VOSTF
avec Zsofia Psotta, Sandor Zsoter, Lili Monori, Laszlo Galffi… et 250 chiens parmi lesquesl Luke et Body, qui se sont mis à deux pour interpréter le rôle de Hagen/Max...
Festival de Cannes 2014 : Grand Prix « Un certain regard »


White God, c'est une parabole, une fable, un fantastique conte… qu'on pourrait simplement se régaler à voir si ne se profilait, derrière cette histoire d'un amour exceptionnel entre une jeune fille et son chien, une image terriblement lucide de la Hongrie, de l'Europe, du monde tels qu'il vont… C'est le principe même du conte de laisser entrevoir, derrière un récit qui vous happe, vous emporte, des choses que l'on a du mal à s'avouer. Sous le beau rêve magique, grouillent parfois de sombres ténèbres…
Lili, treize ans, aime profondément son chien Hagen. Hagen, un nom qui ne doit certainement rien au hasard, puisque c'est celui d'un des personnages principaux de la chanson des Nibelungen (légende germanique qui signifie « ceux du monde d'en bas » et inspira fortement Wagner), dont on retiendra la fidélité exemplaire et qui servit ses « princes » jusqu'à la mort… Ce chien-là est magnifique, on en voudrait un tout pareil, tellement beau, fier, gentil, expressif, et quand Lili joue de la trompette (elle étudie dans un orchestre qui répète la deuxième Rapsodie hongroise de Liszt !), il semble subjugué par le lyrisme envoutant de la mélodie, comme nous-mêmes le sommes d'ailleurs. Elle a du talent Lili.

Mais ici, comme dans tous les contes de fées, les adultes ne sont pas tous gentils avec les enfants et son père, qui a bien des problèmes et doit garder Lili avec lui quelques temps, refuse de prendre ce Hagen chez lui, d'autant plus qu'il n'est pas chien de race pure et que l'ordre a été donné au plus haut niveau de l'état de se débarasser des batards… Abandonné au bord d'une route au grand désespoir de Lili qui ne va avoir de cesse de le retrouver, Hagen va donc rejoindre la cohorte des chiens errants qui survivent comme ils peuvent par petits groupes solidaires, fuyant les hommes, se cachant.
Avoir été autant comblé par l'amour de Lili et se trouver ainsi abandonné, avoir goûté au paradis et se retrouver en enfer : Hagen, qui n'était que bienveillance vis à vis de l'humain, découvre durement que tous les hommes sont très loin d'avoir la douceur de sa jeune maîtresse et va apprendre la haine. Quand viendra le temps de la révolte, elle sera d'autant plus violente qu'il subsiste dans sa mémoire le souvenir d'un univers plus clément auquel il n'a plus accès, trahi par la gent humaine, qui l'exploite et le brutalise, alors même qu'il était prêt à croire aveuglément en elle. Est-ce trop lui prêter que d'imaginer qu'il tire de sa vie passée une sorte de conscience de la situation qui le prédispose, avec son charisme et sa superbe, à exercer un leadership sur les autres chiens, les bannis, les rejetés, les battus, les humiliés qui désormais lui ressemblent… Hagen va prendre naturellement la tête de la révolte collective des chiens évadés, grâce à lui, d'une horrible fourrière…

La belle histoire vire au cauchemar : Lili serait-elle la seule à pouvoir arrêter la catastrophe qui se prépare ? L'amour arrivera-t-il à calmer le torrent de haine qui semble ne plus pouvoir distinguer les bienveillants des méchants, les pacifistes des violents, les innocents des coupables ? Si vous aimez les chiens, et même si vous ne les aimez pas, vous ne pourrez qu'être bluffés par ces comédiens peu ordinaires, qui incarnent ce peuple de l'ombre ignoré, bafoué par ceux qui possèdent le pouvoir et qui se retrouve un jour prêt à tout pour redonner sens et visibilité à une existence nourrie au désespoir. (Utopia)

CGR Eldorado : jeudi 14h - vendredi, dimanche, mardi 18h - mercredi 18h15 - samedi, lundi 20h30




Le Chant de la Mer
Le Chant de la MerRéalisé par Tomm MOORE
2014
avec David Rawle, Fionnula Flanagan, Brendan Gleeson...

C'est quoi, une « selkie » ?... Une variante de la sirène, ­mi-femme, mi-... phoque. A partir de cette étrange créature du folklore celtique, l'Irlandais Tomm Moore a imaginé un conte animé tout brillant d'embruns, tout couvert de magie moussue et de sentiments doux. Au commencement, il y a un phare, perché au bord d'un océan bleu nuit, plein de volutes et d'entrelacs. C'est le foyer de Ben et de sa petite soeur Maïna, dont la maman a mystérieusement disparu. Qu'est-elle devenue ? Et que va devenir Maïna, cette gamine mutique à la bouille ronde de lutin ? Recueillis en ville par leur grand-mère, les deux enfants s'échappent et se lancent dans une aventure peuplée de farfadets cocasses et de génies chevelus. Leur mission : réveiller la magie du monde, depuis longtemps figée par une vieille sorcière, sorte de version gaëlique de la Yubaba du Voyage de Chihiro, de Miyazaki.

De ce personnage ambigu, truculent, à l'évocation d'une nature hantée par le merveilleux, l'influence du maître japonais est partout. Mais, depuis son premier film,Brendan et le ­secret de Kells, Tomm Moore s'est aussi ciselé un style bien à lui, personnages cartoonesques découpés sur des décors peints, d'une beauté d'enluminure médiévale. Le trait joue avec les motifs traditionnels celtiques et les textures semblent palpables : mer de velours, champs d'or et de laine, pierres grenues et patinées par le temps... C'est un film qui se caresse du regard, avec d'autant plus de tendresse qu'il évoque des sujets plus graves qu'il n'y paraît : le deuil, le manque, la rivalité et l'amour fraternels. Un bijou celtique mais universel.

CGR Eldorado : mercredi, samedi, dimanche, mardi 14h, lundi 16h15

 


Qui vive
QUI VIVERéalisé par Marianne TARDIEU
France - 2014 - 1h24 
avec Reda Kateb, Adèle Exarchopoulos, Moussa Mansaly, Rashid Debbouze...

Pour un coup d'essai, c'est un coup de maitre ! Avec Qui vive, la jeune réalisatrice Marianne Tardieu nous donne un film rare, aussi modeste que superbe. Superbe parce que modeste. Modeste et juste. D'une pénétrante justesse qui s'impose d'emblée, qui fait immédiatement exister les rues, les immeubles, les lumières, les mouvements de cette cité de banlieue. Et les personnages, d'autant plus passionnants qu'ils sont ordinaires, qu'ils ressemblent à tout un tas de gens qu'on croise tous les jours et auxquels on ne prête pas attention. Ici c'est la banlieue de Rennes mais ça pourrait être celle de n'importe qu'elle grande ville. Ici le personnage central c'est Chérif, mais des Chérif il doit y en avoir des milliers, semblables et singuliers. Semblables par leurs conditions de vie, par le début de leur parcours ; singuliers, uniques par leur façon de faire face, de construire la suite de leur chemin.

Chérif a la trentaine, il est intelligent, il a des atouts mais pas forcément ceux qui vous assurent un accueil privilégié lors des entretiens d'embauche… Il a accumulé les petits boulots, les études sans débouché, il est revenu vivre chez ses parents et a accepté un emploi alimentaire de vigile au centre commercial voisin. Le genre de poste costume-cravate et talkie-oreillette qui vous attire le mépris des jeunes glandeurs de la cité, et tout autant celui de la direction qui le pressure et s'en sert comme fusible interchangeable dans un contexte sécuritaire et social tendu. Mais Chérif n'accepte pas le choix qui lui est assigné : croupir dans une situation humiliante mais qui lui garantit le minimum vital ou plonger comme certains de ses amis d'enfance dans les activités illégales plus ou moins risquées, plus ou moins minables. Chérif sait ce qu'il veut : il prépare discrètement le concours d'infirmier qui lui permettra de s'arracher à ce mektoub qui colle aux baskets des jeunes de la cité, de quitter ce quartier auquel il est attaché mais dont il sait qu'il est une prison aux murs invisibles. Il y arrivera si les vieux copains combinards et foireux, ceux qui se baladent en 4x4 flambants neufs, ne l'entraînent pas vers une voie sans issue…
Marianne Tardieu fait exploser les clichés qui collent aux basques des films sur la banlieue en ne se posant jamais en juge des différents protagonistes : petits merdeux désœuvrés qui trainent autour du magasin et humilient quotidiennement Chérif, vieux potes enfermés dans leur glandouille, caïd qui fut son meilleur ami, flics qui se dépatouillent avec tout ce petit monde, chaque personnage existe, aucun n'est caricaturé ou méprisé. Le film les montre surtout prisonniers d'un système où s'affrontent relégation sociale et légitime colère face à un monde qui tente de préserver ses acquis, un monde inégalitaire auquel Chérif veut échapper coûte que coûte. Seuls ceux qui exploitent cette situation, notamment l'odieux patron de la société de sécurité, sont regardés avec dureté.

Marianne Tardieu sait aussi jongler avec des tonalités très différentes, moments drôles, moments graves, moments de tension et même d'action, mais aussi moments de grâce comme quand Chérif rencontre Jenny, lumineuse animatrice de centres de loisirs et réalisatrice de dessins animés craquants, incarnée par la formidable Adèle Exarchopoulos, chopée avant son succès de La Vie d'Adèle. Celui qui l'est encore plus, formidable, c'est Reda Kateb, qu'on a vu récemment impeccable en médecin algérien dans Hippocrate : cette fois il porte le film sur ses épaules, il est de quasiment toutes les scènes, il donne au personnage de Chérif une richesse incroyable, en fait vivre toutes les facettes, tour à tour drôle, séduisant avec Jenny, grave et déterminé. Reda Kateb est un des tout meilleurs acteurs du cinéma français, Qui viveen est la preuve définitive. Il a fallu quatre ans de combat à Marianne Tardieu pour réunir les financements de ce film lumineux. On ne peut que saluer sa combativité, égale à celle de son héros qu'on n'oubliera pas de sitôt. (Utopia)

CGR Eldorado : jeudi, vendredi, samedi, mardi 14h - lundi 16h15 - dimanche 18h30 - mercredi 20h30




A Cappella
A CAPPELLAÉcrit et réalisé par LEE Su-jin
Corée du Sud - 2013 - 1h52 - VOSTF
avec Chun Woo-hee, Jung In-sun, Kim So-young, Lee Young-lan...

C'est un remarquable thriller psychologique et social, un puzzle fascinant qui se dessine pièce par pièce, dévoilant progressivement une intrigue qui plonge aux tréfonds de la noirceur de l'âme humaine. Au début du film, son héroïne, la lycéenne Han Gong-ju, dont le visage d'ange contraste avec la tragédie qu'elle semble cacher, doit rassembler en catastrophe ses affaires, quitter précipitamment son établissement scolaire et intégrer un nouveau lycée, pour une raison inconnue mais, de toute évidence, grave. Gong-ju, telle un témoin sous protection dans une série policière, est hébergée temporairement et en toute discrétion chez un de ses enseignants, prévenant mais quelque peu paniqué : il faut dire qu'il vit avec sa mère et que celle-ci est peu enthousiaste à la perspective d'accueillir l'intruse… La raison de cette fuite précipitée, nous la découvrirons par bribes à l'occasion des flashs backs qui émaillent le film…

Dans son nouvel univers, Gong-ju se fait solitaire, nageant obstinément comme pour aller de l'avant sans se retourner, mais le passé lui colle aux talons… Elle finit par se lier d'amitié avec quelques camarades, qui remarquent par hasard son joli timbre de voix alors qu'elle s'entraîne seule en cachette. Les filles ont une chorale (d'où le titre français) et veulent convaincre la nouvelle venue d'exploiter son talent, voire de le faire connaître au plus grand nombre en diffusant une de ses chansons sur les réseaux sociaux. Ce qui risque de briser l'anonymat qu'elle tente désespérément de préserver… Et la jolie bulle que Gong-ju avait cru se créer va rapidement éclater, les sombres fantômes du passé s'y engouffrant brutalement. Et quand tout se fragilise, voire s'effondre, se dévoile en gros plan, magnifiquement décrite, la lâcheté terrible des adultes, pathétiques complices de crimes qui resteront probablement impunis.

Le jeune réalisateur Lee Su-jin orchestre parfaitement la montée de la tension : le film démarre dans l'inquiétude et le mystère avant de se s'installer dans une parenthèse douce et presque enfantine pour finalement s'accomplir dans un chaos qui met en pleine lumière les travers de la société coréenne : un sexisme effarant, largement et complaisamment accepté, l'obsession de la réussite scolaire, qui conduit parfois les adolescents à la limite de la folie, et de la réussite sociale, qui écrase toute justice, une justice qui est de toute façon foncièrement inégalitaire, protégeant ceux qui sont promis au meilleur avenir…
Il y a une conscience politique et sociale tempétueuse, à la Fassbinder ou à la Pasolini, dans ce film très maîtrisé, très soigné, faussement lisse. Et la jeune actrice, Chun Woo-hee, est vraiment formidable, lycéenne jolie comme un cœur, fragile, douce, respectueuse, qui se laisse gagner par une rage vengeresse.(Utopia)

CGR Eldorado : jeudi 14h - samedi 18h - dimanche, mardi 20h30




Panique chez les jouets
Panique chez les jouetsFilm d'animation réalisé par Joël Simon, Bruno Collet, Vincent Patar et Stéphane Aubier
France / Belgique - 2014 - 43mn
avec Joel Simon, Bruno Collet, Vincent Patar...

Panique chez les jouets est clairement à part. S’adresse-t-il vraiment au jeune public ? Sans doute, mais il y a fort à parier que les adultes y prendront autant, voire plus, de plaisir. Notamment face àLa Bûche de Noël, servi en dessert du programme, le nouveau délire de Patar et Aubier, créateurs des mythiques PicPic André, qui reprennent les personnages de leur long Panique au village pour trente minutes de conte de Noël parfumé à la bière belge.

On y retrouve cette alliance démente entre minimalisme et littéralité (les trois personnages principaux, Cowboy, Indien et Cheval, sont des figurines de… cowboy, d’indien et de cheval) autorisant ensuite toutes les élucubrations – comme tenter de récupérer la dernière bûche du supermarché, achetée par le fermier Steven, grand numéro vocal d’un Poelvoorde braillard et hilarant, ou organiser une soirée techno avec la police et le garde-barrière. DepuisPanique au village, l’animation des personnages a gagné en souplesse, l’hystérie est moins systématique et le scénario, plutôt bien charpenté. L’air de rien, ce petit film est un des trucs les plus barrés et réjouissants qu’on ait vu cette saison, et on se réjouit de sa sortie en salles.

CGR Eldorado : lundi 14h  et 15 h - mercredi, dimanche 16h - mercredi, dimanche 17h




108 Rois-Démons
108 Rois-DémonsFilm d'animation réalisé par Ira SACHS
France / Belgique / Luxembourg - 2015 - 1h44mn
avec Sylvain Mounier, Melissa Cornu, Hugues Hausman...

Aidé par Zhang-le-Parfait, le jeune prince Duan doit fuir son royaume pour avoir une chance de faire rétablir l'ordre après l'assassinat de son père.
Sur leur route, le maitre et le disciple vont croiser les Rois-Démons qui terrorisent le pays.

Cette histoire peu connue chez nous est intéressante et même si les blagues ne fonctionnent pas toutes, et que parfois on ne sait plus trop si c'est plutôt destiné à un public adulte ou plus jeune, il y a beaucoup d'humour.
D'ailleurs on ne peut s'empêcher de trouver un petit côté Astérix et ses irréductibles gaulois, avec en plus un homme qui essaye d'attraper les 108 Rois-Démons qui est très maladroit. Et leur potion magique, c'est tout simplement la peur qu'ils suscitent autour d'eux.

Adapté d'un classique de la littérature chinoise, le film les 108 Rois-Démons, nous captive surtout par son esthétique inédite. Pascal Morelli a fait le choix très original de mélanger des acteurs en prise de vue réel dont seul la tête a été remplacé par de l'animation 3D classique. A cela s'ajoute des décors dont le fond est en peinture et une photographie très réaliste.

108-Rois-Demons-Photo-03Visuellement, le challenge d'avoir fait un film d'animation unique est réussi avec cette esthétique presque troublante par son réalisme.
Ce qui peut d'ailleurs être un défaut, car tout le long du film les 108 Rois-Démons on se pose la question de ce qui est réel et de ce qui ne l'est pas.

CGR Eldorado : mercredi, samedi, dimanche, lundi, mardi 14h




Imitation Game
Imitation gameRéalisé par Morten TYLDUM
Royaume-Uni / USA - 2015 - 1h54mn - VOSTF
avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode...

A la fois thriller historique, biopic épique et drame intime, Imitation Game, façonné pour gagner des Oscars et séduire le grand public, n’en est pas moins un film intelligent et captivant. 1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Premier constat : Imitation Game est un film calibré pour la course aux Oscars. Hollywood aime les biopics, les vies douloureuses, les destins exceptionnels, d’autant plus quand l’intimité d’un homme se mêle à la grande Histoire. On pense à Harvey Milk, au Discours d’un roi, à Lincoln, qui ont tous trois valus une statuette à leur acteur principal.
Aucun doute, Benedict Cumberbatch a de très bonnes chances de leur succéder, d’autant plus que son interprétation d’un génie profondément solitaire et mal dans sa peau est vraiment étonnante, donnant à la narration sophistiquée d’Imitation Game de troublantes nuances d’humanité.
Morten Tyldum décide de nous présenter la vie d’Alan Turing, dont les travaux servirent de fondements à l’informatique, sous la forme d’un mystérieux casse-tête, avec la volonté d’imprégner son film de l’esprit de son héros. En tant que narrateur principal, celui-ci nous raconte son histoire comme une énigme, comme s’il essayait de partager avec nous sa passion pour la résolution de problèmes inextricables.

CGR Eldorado : mercredi, lundi 14h - dimanche 16h - samedi 18h - jeudi 20h30



Timbuktu
TIMBUKTURéalisé par Abderrahmane SISSAKO
Mauritanie - 2014 - 1h37mn - VOSTF
avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri, Fatoumata Diawara...
Scénario d'Abderrahmane Sissako et Kessen Tall

Une étendue de sable ocre inondée d’une lumière chaude et dorée… Paysage d’une beauté tranquille, comme une image de la paix… Légère, bondissante, cavale une gazelle agile. On devine à peine son regard de biche incomparablement fardé, souligné de noir par la nature. Séductrice malgré elle. Finesse et fragilité, force et vivacité… À peine a-ton le temps de l’admirer qu’on s’aperçoit que sa course est celle d’une bête traquée. Elle fuit ce monstre disproportionné, ce gros quatre-quatre et ses occupants armés jusqu’aux dents qui commencent à tirer… « Ne la tuez-pas, fatiguez-là ! » ordonne l’un d’entre eux. Pourquoi ? Jeu inéquitable ? Petite joie cruelle ? Quelle gloire remporte le fort à vaincre ainsi le plus faible désarmé ? Le rapport de force est sans surprise, les dés sont pipés. La victime n’a aucune chance face à ses prédateurs. Le ton est donné.

La gazelle ouvre le bal, le bal des fous, le bal des intégristes. À la ville, à Tombouctou, il y a aussi des hommes armés et leurs cibles sont des gazelles humaines aux jolies formes, objets de leur concupiscence. Parfois elles ont la langue bien pendue, moins soumises qu’elles ne le devraient et, malgré la peur, elles osent tourner en dérision ces mâles conquérants. Il faut dire que ce n’est guère compliqué de se moquer de ces djihadistes autoproclamés et de leurs avalanches de règles stupides qu’ils peinent à faire respecter et à respecter eux-mêmes. Le pompon, c’est quand ils demandent à une poissonnière de mettre des gants en laine pour vendre ses poissons ! Le ridicule ne tue pas, on finirait presque par le regretter…

C’est avec un regard mi amusé, mi agacé, puis choqué, qu’on suit les pérégrinations de ces fanatiques, leur gaucherie. Les habitants les font tourner en bourrique. Parfois on rit à gorge déployée, ils sont pathétiques. On en oublierait presque à quel point ils peuvent être dangereux. Il faut les voir sortir de la mosquée, bredouilles, après s’être fait rappeler à l’ordre comme de mauvais garnements qui n’ont pas enlevé leurs chaussures ! « Dans la maison de Dieu, celui qui se consacre à la religion le fait avec sa tête et non avec les armes. »

De l’Islam, ces ignares ne connaissent ni la clémence, ni le pardon, ni la pitié. Ils ont transformé ce qui était un outil de paix en instrument de guerre pour asseoir leur domination sur tout un peuple. Un peuple qui n’a pour tout bouclier qu’une frêle lueur d’espoir contre l’obscurantisme, contre la violence brute et partiale, contre l’injustice que rendent ses tribunaux. C’est peu et pourtant… C’est sur cet espoir, si mince soit-il, que croît peu à peu le courage individuel, ferment d’un courage collectif à reconquérir. C’est cet espoir qui permet nombre d’actes forts et beaux comme une évidence, qui vous tirent parfois les larmes, vous bouleversent. Les destinées de cette humanité souffrante et résistante se croisent. Celle de cette femme vaudou qui s’est réfugiée dans une forme apparente de folie. Celle du pêcheur aux gestes larges. Celle de Kidane, de sa famille qui vivent non loin de là au cœur des dunes. Celle de leur vache nommée GPS, symbole d’une technologie qui n’arrive pas jusque-là… C’est une parabole des temps modernes, entre fable poétique et constat terrible. C’est beau, très beau, d’une beauté jamais gratuite. La splendeur des images sert toujours le propos, le rend plus poignant, mais l’allège également quand il reflète une réalité trop cruelle. Et la deuxième arme de Sissako, c’est l’humour – il fallait l’oser ! – jamais lourd, qui permet de reprendre sa respiration.

C’est un film profondément subtil, politique, humaniste. Une ode magnifiquement inspirée à la résistance, au courage des hommes, à celui des femmes surtout, qui ne font décidément pas partie des dominants…

CGR Eldorado : lundi 18h15 - jeudi, samedi 20h30




Whiplash
WHIPLASHRéalisé par Damien CHAZELLE
USA - 2014 - 1h45 - VOSTF
avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser...
Grand Prix et Prix du Public, Festivals de Sundance et du Cinéma américain de Deauville


« Avec Whiplash, je voulais réaliser un film qui ressemble à un polar à suspense – un film dans lequel les instruments de musique remplacent les armes à feu et où l’action se déroule dans une salle de répétition ou sur une scène de concert – et je voulais filmer chaque concert comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, une course-poursuite ou disons un braquage de banque. » Damien Chazelle

Un deux, un deux trois quatre… C'est l'histoire d'un jeune type têtu qui s'entête à tenir le tempo en tapant sur ses toms, un mec qui cogne en cadence et claque ses coups crescendo, de saccades en syncopes, grosse caisse, caisse claire. C'est un film sur l'effort forcené d'un féru pour affûter la finesse de ses frappes sur les fûts, la répétition des roulements, la précision de leur déroulement, du plus lent au plus rapide et du plus rapide au plus lent. Et c'est au rythme trépidant d'un récit mené tambour battant que se bâtit l'itinéraire de ce débutant se battant pour abattre les obstacles l'empêchant d'être un batteur épatant.

Andrew est un apprenti batteur qui trime plus qu'il ne frime, passant souvent ses soirées en solitaire, perfectionnant son swing dans le sous-sol insonorisé du prestigieux conservatoire de jazz où il vient d'être accepté. Sans compromis ni demi-mesure, il a l'ambition démesurée de se mesurer aux meilleurs. Il s'acharne et s'accroche, s'échine sur des noires, croches, double-croches, répétant ses enchaînements jusqu'à en chasser la moindre anicroche. Et c'est justement lors de l'une de ces répétitions qu'il attire l'attention du professeur star de l'institution, celui pour lequel il a décidé son inscription mais face auquel il se laisse gagner par la tension, échouant de ce fait à cette première évaluation. À défaut d'avoir marqué des points, Andrew s'est tout de même fait remarquer, et quand le batteur de l'orchestre dudit professeur est débarqué, le voilà donc embarqué dans l'orchestre des cracks parmi les cracks, partagé entre la peur de craquer et l'espoir d'avoir enfin l'occasion de se démarquer. Sous la férule de Terence Fletcher, professeur féroce et terrifiant, fouillant au plus profond de ses fidèles la frénésie qui leur fera franchir leurs frontières physiques et psychiques, le néophyte Andrew devra faire fi de la fatigue et de la souffrance pour intensifier ses frappes et affiner son jeu. Car s'il découvre l'excitation et l'exaltation de s'exercer au sein d'un orchestre d'exception, il explore aussi les excès et les vexations exigés par la recherche exacerbée de l'excellence. Fletcher le pousse jusqu'à l'impasse, le tire jusqu'à la rupture, passant comme dans un tour de passe-passe de la confiance aux pires injures. Il est le maestro qui donne le la, Andrew le disciple cloué au sol. Mais l'envie de l'élève est si vive de devenir virtuose que les énervements et les revirements avivent sa volonté plutôt que de l'en dévier. Les regards désapprobateurs deviendront son moteur, Andrew vise comme bonheur d'être un grand batteur, à la bonne heure, il fera ce qu'il faut pour être à la hauteur.

Whiplash est un film qui file vite et frappe fort, une chronique unique des accrocs iniques entre un jeune loup ambitieux et un vieil ours odieux – les deux acteurs, le débutant comme le plus vieux, sont fabuleux. Il relate à un rythme haletant la réalité d'une relation complexe et extrême, accordant ses caméras à la cadence infernale d'un solo de batterie, sans temps mort ni répit, jusqu'au final en point d'orgue résonnant comme un énorme coup de cymbale après un morceau particulièrement enlevé et exceptionnel… whi… PLASH !

CGR Eldorado : lundi 16h15 - jeudi 18h - vendredi 20h30


Pour adhérer il faut remplir le coupon ci-dessous après l'avoir imprimé, en l'envoyant à :
Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

accompagné d'un chèque de 15 € à l'ordre de l'association Entre Toiles et d'une enveloppe timbrée à votre adresse.

Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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