Le programme du 28 janvier au3 février 2015

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Bonjour à tous !

Voilà le nouveau programme pour la semaine du mercredi 28 janvier au mardi 3 février, et les critiques des films ! C'est encore une semaine riche : Imitation game en sortie nationale, film où se mêlent la vie d'un homme et la grande Histoire, mais aussi le très attendu Timbuktu d'Abderhamane Sissako, sur le sujet de l'extrémisme  dont l'actualité nous a montré tout récemment les ravages....Et aussi le Retour à Ithaque de Laurent Cantet qui promet aussi son lot de petits bonheurs... Ceux qui n'ont pas encore vu Les nouveaux sauvages, courrez-y vite : c'est truculent !
Et il y a toujours Une merveilleuse histoire du tempsWhiplashEt maintenant ?,  Eden... Autant dire qu'il y a de quoi faire !
Enfin, à noter, Snow Therapy, de Ruben Ostlund, qui sort cette semaine, sera programmé à l'Eldorado dans le cadre des "Escapades littéraires".
Nous vous rappelons que si vous souhaitez voir un film, il faut nous envoyer un mail pour que nous le proposions à CGR.
N'oubliez pas non plus de réserver vos soirées du 13, 14 et 15 février pour le cycle "Polars" !
Si vous souhaitez recevoir ce billet directement dans votre boîte, envoyez un e-mail à entretoiles83300@gmail.com.
Bonne semaine de cinéma !

PROGRAMMATION DU 28 JANVIER AU 3 FEVRIER 2015

Imitation Game
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Imitation Game
Réalisé par Morten TYLDUM
Royaume-Uni / USA - 2015 - 1h54mn - VOSTF
avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode...
A la fois thriller historique, biopic épique et drame intime, Imitation Game, façonné pour gagner des Oscars et séduire le grand public, n’en est pas moins un film intelligent et captivant.
1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.
.. lire la suite
CGR Eldorado : mardi 13h45 - dimanche 13h50 - lundi 16h15 - samedi 18h - mercredi 18h15 - jeudi 20h30
Timbuktu
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Timbuktu
Réalisé par Abderrahmane SISSAKO
Mauritanie - 2014 - 1h37mn - VOSTF
avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri, Fatoumata Diawara...
Scénario d'Abderrahmane Sissako et Kessen Tall
Une étendue de sable ocre inondée d’une lumière chaude et dorée… Paysage d’une beauté tranquille, comme une image de la paix… Légère, bondissante, cavale une gazelle agile. On devine à peine son regard de biche incomparablement fardé, souligné de noir par la nature. Séductrice malgré elle. Finesse et fragilité, force et vivacité… À peine a-ton le temps de l’admirer qu’on s’aperçoit que sa course est celle d’une bête traquée. Elle fuit ce monstre disproportionné, ce gros quatre-quatre et ses occupants armés jusqu’aux dents qui commencent à tirer… « Ne la tuez-pas, fatiguez-là ! » ordonne l’un d’entre eux. Pourquoi ?... lire la suite
CGR Eldorado : jeudi, vendredi, lundi 14h - dimanche 18h15 - samedi, mardi 20h30 - mercredi 21h15
Retour à Ithaque
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Retour à Ithaque
Réalisé par Laurent CANTET
France / Cuba - 2014 - 1h35mn - VOSTF
avec avec Isabel Santos, Jorge Perugorria, Fernando Hechavarria, Nestor Jimenez, Pedro Julio Diaz Ferran...
Scénario de Leonardo Padura et Laurent Cantet, avec la collaboration de Lucia Lopez Coll
Que vous connaissiez en détail Cuba ou que vous en ignoriez presque tout, Retour à Ithaque vous fait pénétrer au plus profond des entrailles de la Havane, de ses histoires, de son Histoire. Laurent Cantet réalise là une œuvre de haute volée, avec la connivence du remarquable écrivain, donc conteur, qu'est Leonardo Padura. Et les regards des deux complices se complètent à merveille. Celui du Cubain qui ouvre l'intimité de son pays, celui du Français curieux qui l'asticote jusque dans ses plus profonds retranchements. C'est non seulement avec vos yeux, vos oreilles et votre cerveau que vous allez vivre cette ville, mais vous allez la goûter aussi avec tous vos sens... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi, vendredi, dimanche, mardi 14h - lundi 18h30 - jeudi, samedi 20h30
Une merveilleuse histoire du temps
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Une merveilleuse histoire du temps
Réalisé par James MARSH
Royaume-Uni - 2015 - 2h03mn - VOSTF
avec Eddie Redmayne, Felicity Jones, Tom Prior...
Alors qu'il poursuit un doctorat, Stephen Hawking, à l'aube de son succès planétaire, va découvrir qu'il est atteint d'une maladie neurodégénérescente qui atteint les neurones moteurs (les neurones chargés des mouvements du corps), plus couramment connue sous le nom de maladie de Charcot en France. Et tout comme des personnages comme Milton Erickson ou d'autres, ayant affrontés des maladies fortement handicapantes, et alors même qu'on ne lui donne plus que deux ans d'espérance de vie,plutôt que de baisser les bras, il va se surpasser... lire la suite
CGR Eldorado : mardi 17h45 - jeudi, vendredi 18h - mercredi 19h - lundi 20h30 - dimanche 21h
Whiplash
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Whiplash
Réalisé par Damien CHAZELLE
USA - 2014 - 1h45 - VOSTF
avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser...
Grand Prix et Prix du Public, Festivals de Sundance et du Cinéma américain de Deauville
« Avec Whiplash, je voulais réaliser un film qui ressemble à un polar à suspense – un film dans lequel les instruments de musique remplacent les armes à feu et où l’action se déroule dans une salle de répétition ou sur une scène de concert – et je voulais filmer chaque concert comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, une course-poursuite ou disons un braquage de banque. » Damien Chazelle. Un deux, un deux trois quatre… C'est l'histoire d'un jeune type têtu qui s'entête à tenir le tempo en tapant sur ses toms, un mec qui cogne en cadence et claque ses coups crescendo, de saccades en syncopes, grosse caisse, caisse claire... lire la suite
CGR Eldorado : jeudi, samedi, mardi 18h - dimanche 19h - mercredi, vendredi 20h30 - lundi 21h
Eden
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Eden
Réalisé par Mia HANSEN-LØVE
France - 2014 - 2h11mn
avec Félix De Givry, Pauline Etienne, Hugo Conzelmann, Roman Kolinka, Vincent Macaigne, Greta Gerwig, Laura Smet, Golshifteh Farahani, Vincent Lacoste, Arnaud Azoulay...
Scénario de Mia et Sven Hansen-Løve
C'est un très beau film – comme les précédents de Mia Hansen-Love, notamment Le Père de mes enfants – sur la jeunesse et les choix de vie qu'elle doit faire, sur les tournants qu'elle doit savoir prendre, sans vraiment savoir s'ils déboucheront sur une grande et belle ligne droite ou sur un cul-de-sac… C'est une chronique stylée et touchante sur la jeunesse et la musique, qui est au cœur du récit, qui lui fournit inspiration et respiration. C'est la naissance de la French touch qui nous est contée, à travers le parcours d'un personnage qui aborde un des tournants qu'on évoquait plus haut, qui va choisir de vivre sa passion jusqu'au bout, sans concession, et qui en fera les frais... lire la suite
CGR Eldorado : lundi 13h45 - samedi 14h - mercredi 15h45 - dimanche 20h30
Et maintenant ?
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Et maintenant ?
Documentaire réalisé par Joaquim PINTO
Portugal - 2014 - 2h45mn - VOSTF
Prix Special du Festival du Film de Locarno
Journal intime d’une lutte quotidienne contre la maladie, le film de Joachim Pinto est aussi une magnifique déclaration d’amour. Et maintenant ? est un journal filmé, une réflexion sur la survie au-delà de tous les pronostics mais aussi sur l’amour, l’amitié, le cinema et le Portugal depuis la révolution jusqu’à la crise actuelle. Depuis 20 ans Joaquim Pinto vit avec le VIH et l’hépatite C. Exilé dans la campagne de Lisbonne avec son mari Nuno et leurs chiens, Joaquim a décidé d’arrêter toutes ses activités liées au cinema pour suivre un nouveau protocole. Le Portugal lutte contre la crise et Joachim contre la mort... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi 13h45 - lundi 15h45 - dimanche 16h - vendredi 20h
Les Nouveaux sauvages
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Les Nouveaux sauvages
Réalisé par Damián SZIFRON
Argentine - 2014 - 2h - VOSTF
avec Ricardo Darín, Leonardo Sbaraglia, Erica Rivas, Julieta Zylberberg, Diego Gentile...
Amphore d'Or au Fifigrot 2014
Les Nouveaux sauvages, c'est le film furieusement poil à gratter qui ne cesse de surprendre et de faire hurler de rire le public de tous les festivals dans lesquels il est programmé depuis sa sélection cannoise, la comédie jubilatoire qui vient de devenir le film le plus vu depuis plus de trente ans dans son pays d'origine, l'Argentine – le film a d'ores et déjà été choisi comme représentant argentin aux Oscars, espérant ainsi renouveler, cinq ans après et dans un registre tout à fait différent, le triomphe de Dans ses yeux, déjà interprété par l'incontournable et irrésistible Ricardo Darín. Et si nous pouvons vous assurer que ce succès est amplement mérité, il est tout de même surprenant.... lire la suite
CGR Eldorado : jeudi, samedi 14h - dimanche 16 h - mercredi 16h45 - vendredi 17h45 - lundi 18h45 - mardi 20h30



Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Imitation Game
Imitation gameRéalisé par Morten TYLDUM
Royaume-Uni / USA - 2015 - 1h54mn - VOSTF
avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode...

A la fois thriller historique, biopic épique et drame intime, Imitation Game, façonné pour gagner des Oscars et séduire le grand public, n’en est pas moins un film intelligent et captivant. 1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Premier constat : Imitation Game est un film calibré pour la course aux Oscars. Hollywood aime les biopics, les vies douloureuses, les destins exceptionnels, d’autant plus quand l’intimité d’un homme se mêle à la grande Histoire. On pense à Harvey Milk, au Discours d’un roi, à Lincoln, qui ont tous trois valus une statuette à leur acteur principal.
Aucun doute, Benedict Cumberbatch a de très bonnes chances de leur succéder, d’autant plus que son interprétation d’un génie profondément solitaire et mal dans sa peau est vraiment étonnante, donnant à la narration sophistiquée d’Imitation Game de troublantes nuances d’humanité.
Morten Tyldum décide de nous présenter la vie d’Alan Turing, dont les travaux servirent de fondements à l’informatique, sous la forme d’un mystérieux casse-tête, avec la volonté d’imprégner son film de l’esprit de son héros. En tant que narrateur principal, celui-ci nous raconte son histoire comme une énigme, comme s’il essayait de partager avec nous sa passion pour la résolution de problèmes inextricables.

CGR Eldorado : mardi 13h45 - dimanche 13h50 - lundi 16h15 - samedi 18h - mercredi 18h15 - jeudi 20h30




Timbuktu
TIMBUKTURéalisé par Abderrahmane SISSAKO
Mauritanie - 2014 - 1h37mn - VOSTF
avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri, Fatoumata Diawara...
Scénario d'Abderrahmane Sissako et Kessen Tall

Une étendue de sable ocre inondée d’une lumière chaude et dorée… Paysage d’une beauté tranquille, comme une image de la paix… Légère, bondissante, cavale une gazelle agile. On devine à peine son regard de biche incomparablement fardé, souligné de noir par la nature. Séductrice malgré elle. Finesse et fragilité, force et vivacité… À peine a-ton le temps de l’admirer qu’on s’aperçoit que sa course est celle d’une bête traquée. Elle fuit ce monstre disproportionné, ce gros quatre-quatre et ses occupants armés jusqu’aux dents qui commencent à tirer… « Ne la tuez-pas, fatiguez-là ! » ordonne l’un d’entre eux. Pourquoi ? Jeu inéquitable ? Petite joie cruelle ? Quelle gloire remporte le fort à vaincre ainsi le plus faible désarmé ? Le rapport de force est sans surprise, les dés sont pipés. La victime n’a aucune chance face à ses prédateurs. Le ton est donné.

La gazelle ouvre le bal, le bal des fous, le bal des intégristes. À la ville, à Tombouctou, il y a aussi des hommes armés et leurs cibles sont des gazelles humaines aux jolies formes, objets de leur concupiscence. Parfois elles ont la langue bien pendue, moins soumises qu’elles ne le devraient et, malgré la peur, elles osent tourner en dérision ces mâles conquérants. Il faut dire que ce n’est guère compliqué de se moquer de ces djihadistes autoproclamés et de leurs avalanches de règles stupides qu’ils peinent à faire respecter et à respecter eux-mêmes. Le pompon, c’est quand ils demandent à une poissonnière de mettre des gants en laine pour vendre ses poissons ! Le ridicule ne tue pas, on finirait presque par le regretter…

C’est avec un regard mi amusé, mi agacé, puis choqué, qu’on suit les pérégrinations de ces fanatiques, leur gaucherie. Les habitants les font tourner en bourrique. Parfois on rit à gorge déployée, ils sont pathétiques. On en oublierait presque à quel point ils peuvent être dangereux. Il faut les voir sortir de la mosquée, bredouilles, après s’être fait rappeler à l’ordre comme de mauvais garnements qui n’ont pas enlevé leurs chaussures ! « Dans la maison de Dieu, celui qui se consacre à la religion le fait avec sa tête et non avec les armes. »

De l’Islam, ces ignares ne connaissent ni la clémence, ni le pardon, ni la pitié. Ils ont transformé ce qui était un outil de paix en instrument de guerre pour asseoir leur domination sur tout un peuple. Un peuple qui n’a pour tout bouclier qu’une frêle lueur d’espoir contre l’obscurantisme, contre la violence brute et partiale, contre l’injustice que rendent ses tribunaux. C’est peu et pourtant… C’est sur cet espoir, si mince soit-il, que croît peu à peu le courage individuel, ferment d’un courage collectif à reconquérir. C’est cet espoir qui permet nombre d’actes forts et beaux comme une évidence, qui vous tirent parfois les larmes, vous bouleversent. Les destinées de cette humanité souffrante et résistante se croisent. Celle de cette femme vaudou qui s’est réfugiée dans une forme apparente de folie. Celle du pêcheur aux gestes larges. Celle de Kidane, de sa famille qui vivent non loin de là au cœur des dunes. Celle de leur vache nommée GPS, symbole d’une technologie qui n’arrive pas jusque-là… C’est une parabole des temps modernes, entre fable poétique et constat terrible. C’est beau, très beau, d’une beauté jamais gratuite. La splendeur des images sert toujours le propos, le rend plus poignant, mais l’allège également quand il reflète une réalité trop cruelle. Et la deuxième arme de Sissako, c’est l’humour – il fallait l’oser ! – jamais lourd, qui permet de reprendre sa respiration.

C’est un film profondément subtil, politique, humaniste. Une ode magnifiquement inspirée à la résistance, au courage des hommes, à celui des femmes surtout, qui ne font décidément pas partie des dominants…

CGR Eldorado : jeudi, vendredi, lundi 14h - dimanche 18h15 - samedi, mardi 20h30 - mercredi 21h15




Retour à Ithaque
RETOUR À ITHAQUERéalisé par Laurent CANTET
France / Cuba - 2014 - 1h35mn - VOSTF
avec avec Isabel Santos, Jorge Perugorria, Fernando Hechavarria, Nestor Jimenez, Pedro Julio Diaz Ferran...
Scénario de Leonardo Padura et Laurent Cantet, avec la collaboration de Lucia Lopez Coll

Que vous connaissiez en détail Cuba ou que vous en ignoriez presque tout, Retour à Ithaque vous fait pénétrer au plus profond des entrailles de la Havane, de ses histoires, de son Histoire. Laurent Cantet réalise là une œuvre de haute volée avec peu de moyens, dix-sept jours de tournage seulement, quasiment un seul décor, mais des heures de travail et de connivence avec le remarquable écrivain, donc conteur, qu'est Leonardo Padura. Et les regards des deux complices se complètent à merveille. Celui du Cubain qui ouvre l'intimité de son pays, celui du Français curieux qui l'asticote jusque dans ses plus profonds retranchements. Nous voilà loin du folklore, des clichés dont pourrait être friand le touriste. C'est non seulement avec vos yeux, vos oreilles et votre cerveau que vous allez vivre cette ville mais vous allez la goûter aussi avec tous vos sens. Ressentir sa respiration, ses pulsations, ses odeurs, presque – oserai-je ? – son âme.

Cette ambiance si particulière des terrasses qui la surplombent, la vie qui bruisse ou trépigne au dessous, Amadeo n'a jamais pu les oublier. Seize ans d'exil en Europe n'ont pas suffit à lui ôter le goût de sa patrie. La chaleur presque animale accumulée dans les murs, celle que réverbèrent les toits brulants gorgés de soleil, jusqu'à ce que le soir descende et laisse espérer la brise légère… C'est sur une terrasse au couchant qu'Amadeo retrouve ses quatre grands amis de jeunesse : Tania, Eddy, Rafa, Aldo… désormais quinquagénaires. Et peu à peu, au fil des chamailleries, des souvenirs cocasses et drôles, ils rembobinent le fil de leur passé, leurs engagements, leurs rêves, leurs rancœurs, leurs désillusions… qui sont aussi ceux de tout un pays.
Oui, c'est là que ça se passe et nulle part ailleurs. Dans ce petit périmètre, ce minuscule espace temps et, étonnamment, loin de rétrécir l'univers à un microcosme anecdotique, ce huis-clos à ciel ouvert débouche sur un panorama grandiose. La vision ample d'une société en pleine autocritique où plus personne ne semble vouloir se cacher derrière son petit doigt. Les cinq amis évoquent les années rudes qui les ont forgés, la « période spéciale » qui a englué tout le pays telle une nappe de pétrole clouant les ailes de ceux qui rêvaient d'envol et de liberté.

L'analyse, qui passe tour à tour du collectif à l'individuel, voire à l'intime, est caustique et quand l'un d'entre eux tente l'auto-apitoiement, un autre tourne ses propos en dérision, l'essentiel étant d'en rire. Le rire comme une pirouette élégante, une manière d'inciter l'autre à ne pas perdre la face, à se redresser. Pourtant les remises en questions sont rudes, même arrosées d'un bon whisky. Chacun évoque ses peurs, ses lâchetés, s'interroge sur sa part de responsabilité dans le désordre collectif. Questions essentielles, universelles, qui planent au dessus de la petite République de Cuba comme sur toutes les autres, comme elles devaient planer sur Ithaque lors du retour d'Ulysse.

Et le titre énigmatique s'éclaire, pertinent. Le retour de l'exilé est-il celui vers une terre promise, vers ce qui ne sera plus, un mythe ou encore un retour sur lui-même ? Si tous accueillent Amadeo à bras ouverts, ils lui en veulent aussi car, avec lui, vient le temps des bilans où chacun se retourne sur son parcours, fait le deuil de l'innocence et de la candeur de la jeunesse à tout jamais perdues. Cela les rends si attachants, si proches de nous, qu'on a l'impression de faire partie de leur cercle intime. Quand le film s'arrêtera, vous en sortirez étonnés de ne pas vous trouver au sommet d'un immeuble donnant sur le Malecón, déjà nostalgiques du verre de rhum que vous n'aurez pas bu…

CGR Eldorado : mercredi, vendredi, dimanche, mardi 14h - lundi 18h30 - jeudi, samedi 20h30




Une merveilleuse histoire du temps
Une-merveilleuse-histoire-du-temps-Photo-Eddie-Redmayne-01Réalisé par James MARSH
Royaume-Uni - 2015 - 2h03mn - VOSTF
avec Eddie Redmayne, Felicity Jones, Tom Prior...

Alors qu'il poursuit un doctorat, Stephen Hawking, à l'aube de son succès planétaire, va découvrir qu'il est atteint d'une maladie neurodégénérescente qui atteint les neurones moteurs (les neurones chargés des mouvements du corps), plus couramment connue sous le nom de maladie de Charcot en France.
Et tout comme des personnages comme Milton Erickson ou d'autres, ayant affrontés des maladies fortement handicapantes, et alors même qu'on ne lui donne plus que deux ans d'espérance de vie, plutôt que de baisser les bras, il va se surpasser.

Les thèmes abordés sont à la fois ceux de l'amour, l'amitié, les liens de mentor à élève, la résilience, la famille, le mariage, la religion. Mais également, les théories de l'Univers. Qui ne s'est pas posé un jour des questions comme "d'où venons-nous?", "Quel est l'origine de la vie? De l'homme? De la Terre? De l'Univers?"...
Parce que finalement, l'homme a toujours eu ce besoin de comprendre. D'expliquer. Et pour Stephen Hawking, découvrir une formule mathématique qui pourrait expliquer à elle seule expliquer les interactions fondamentales (le fonctionnement de l'univers), est l'histoire d'une quête, l'histoire de sa vie. D'ailleurs, on ne peut que remarquer le paradoxe entre le temps qu'on lui annonce qui lui reste à vivre et ses recherches basées sur le Temps. Ici, cette dimension prend toute sa valeur.

On découvre avec cette intrigue intelligemment mise en scène, l'homme derrière les théories, ses amours, ses ambitions, sa passion pour la physique quantique et les théories de l'Univers.

Cependant, plus qu'un simple biopic, Une merveilleuse histoire du temps est une extraordinaire leçon de résilience (vous savez, cette capacité psychologique à se reconstruire après un événement traumatique). Interprétée brillament par Eddie Redmayne (Stephen Hawking) et Felicity Jones (Jane Wilde), cette histoire retrace la vie d'un génie de la théorie physique et de la cosmologie, avecbeaucoup d'émotions et même une touche d'humour britannique. A noter, la présence de Frank Leboeuf dans un petit rôle de médecin (pour le côté chauvin ;-)

Dans un décor très british, on se retrouve transporté au travers des rues pavées de Cambridge, son université, ses pubs, ses maisonnettes.... Bref, le charme à l'anglaise !
La photographie est très belle. Certaines scènes, comme le café dans le train ou la braise dans la cheminée, ont un côté très poétique.
Quant à la musique de Johan Johannsson, entre musique classique Wagnerienne et morceaux plus tendance, elle nous emporte.

Une merveilleuse histoire du temps, est à la fois une magnifique histoire d'amours, de résilience et de génie intellectuel.

Plus qu'un simple biopic qui nous en apprend davantage sur la vie d'un homme hors du commun, c'est avant tout une aventure humaine!

CGR Eldorado : mardi 17h45 - jeudi, vendredi 18h - mercredi 19h - lundi 20h30 - dimanche 21h




Whiplash
WHIPLASHRéalisé par Damien CHAZELLE
USA - 2014 - 1h45 - VOSTF
avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser...
Grand Prix et Prix du Public, Festivals de Sundance et du Cinéma américain de Deauville


« Avec Whiplash, je voulais réaliser un film qui ressemble à un polar à suspense – un film dans lequel les instruments de musique remplacent les armes à feu et où l’action se déroule dans une salle de répétition ou sur une scène de concert – et je voulais filmer chaque concert comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, une course-poursuite ou disons un braquage de banque. » Damien Chazelle

Un deux, un deux trois quatre… C'est l'histoire d'un jeune type têtu qui s'entête à tenir le tempo en tapant sur ses toms, un mec qui cogne en cadence et claque ses coups crescendo, de saccades en syncopes, grosse caisse, caisse claire. C'est un film sur l'effort forcené d'un féru pour affûter la finesse de ses frappes sur les fûts, la répétition des roulements, la précision de leur déroulement, du plus lent au plus rapide et du plus rapide au plus lent. Et c'est au rythme trépidant d'un récit mené tambour battant que se bâtit l'itinéraire de ce débutant se battant pour abattre les obstacles l'empêchant d'être un batteur épatant.

Andrew est un apprenti batteur qui trime plus qu'il ne frime, passant souvent ses soirées en solitaire, perfectionnant son swing dans le sous-sol insonorisé du prestigieux conservatoire de jazz où il vient d'être accepté. Sans compromis ni demi-mesure, il a l'ambition démesurée de se mesurer aux meilleurs. Il s'acharne et s'accroche, s'échine sur des noires, croches, double-croches, répétant ses enchaînements jusqu'à en chasser la moindre anicroche. Et c'est justement lors de l'une de ces répétitions qu'il attire l'attention du professeur star de l'institution, celui pour lequel il a décidé son inscription mais face auquel il se laisse gagner par la tension, échouant de ce fait à cette première évaluation. À défaut d'avoir marqué des points, Andrew s'est tout de même fait remarquer, et quand le batteur de l'orchestre dudit professeur est débarqué, le voilà donc embarqué dans l'orchestre des cracks parmi les cracks, partagé entre la peur de craquer et l'espoir d'avoir enfin l'occasion de se démarquer. Sous la férule de Terence Fletcher, professeur féroce et terrifiant, fouillant au plus profond de ses fidèles la frénésie qui leur fera franchir leurs frontières physiques et psychiques, le néophyte Andrew devra faire fi de la fatigue et de la souffrance pour intensifier ses frappes et affiner son jeu. Car s'il découvre l'excitation et l'exaltation de s'exercer au sein d'un orchestre d'exception, il explore aussi les excès et les vexations exigés par la recherche exacerbée de l'excellence. Fletcher le pousse jusqu'à l'impasse, le tire jusqu'à la rupture, passant comme dans un tour de passe-passe de la confiance aux pires injures. Il est le maestro qui donne le la, Andrew le disciple cloué au sol. Mais l'envie de l'élève est si vive de devenir virtuose que les énervements et les revirements avivent sa volonté plutôt que de l'en dévier. Les regards désapprobateurs deviendront son moteur, Andrew vise comme bonheur d'être un grand batteur, à la bonne heure, il fera ce qu'il faut pour être à la hauteur.

Whiplash est un film qui file vite et frappe fort, une chronique unique des accrocs iniques entre un jeune loup ambitieux et un vieil ours odieux – les deux acteurs, le débutant comme le plus vieux, sont fabuleux. Il relate à un rythme haletant la réalité d'une relation complexe et extrême, accordant ses caméras à la cadence infernale d'un solo de batterie, sans temps mort ni répit, jusqu'au final en point d'orgue résonnant comme un énorme coup de cymbale après un morceau particulièrement enlevé et exceptionnel… whi… PLASH !

CGR Eldorado : jeudi, samedi, mardi 18h - dimanche 19h - mercredi, vendredi 20h30 - lundi 21h




Eden
EDENRéalisé par Mia HANSEN-LØVE
France - 2014 - 2h11mn
avec Félix De Givry, Pauline Etienne, Hugo Conzelmann, Roman Kolinka, Vincent Macaigne, Greta Gerwig, Laura Smet, Golshifteh Farahani, Vincent Lacoste, Arnaud Azoulay...
Scenario de Mia et Sven Hansen-Løve

C'est un très beau film – comme les précédents de Mia Hansen-Love, notamment Le Père de mes enfants – sur la jeunesse et les choix de vie qu'elle doit faire, sur les tournants qu'elle doit savoir prendre, sans vraiment savoir s'ils déboucheront sur une grande et belle ligne droite ou sur un cul-de-sac… C'est une chronique stylée et touchante sur la jeunesse et la musique, qui est au cœur du récit, qui lui fournit inspiration et respiration. C'est la naissance de la French touch qui nous est contée, à travers le parcours d'un personnage qui aborde un des tournants qu'on évoquait plus haut, qui va choisir de vivre sa passion jusqu'au bout, sans concession, et qui en fera les frais. S'il est sans illusion, Eden n'est pas sombre pour autant, il dégage en fait une vraie énergie. Et il y a même des moments très drôles, comme ces scènes où les duettistes de Daft Punk se font systématiquement refouler à l'entrée des soirées car leur visage est totalement inconnu…
Au début des années 90, un mouvement musical est en train de naître, la French touch, musique électronique composée à base de sample (récupération d'extraits venant de morceaux déjà existants) qui tournent la plupart du temps en boucle. En fait ce style a déjà un nom, la House-Music (Garage et Techno sont aussi utilisés), mais beaucoup de musicien français émergent à ce moment-là (Air, Daft Punk, Etienne de Crécy, St Germain, Mr Oizo…) et du coup les journalistes anglo-saxons ont tôt fait d'inventer une nouvelle classification, la French touch est née !

Paul est passionné par la musique, et avec son meilleur pote, Stan, ils décident de se lancer dans le grand bain et créent le duo Cheers. Rapidement ils sont plébiscités par le public des boîtes de nuit parisiennes, participent à d'énormes raves et vivent une ascension fulgurante, euphorique et bien évidemment dangereuse. Ils ont alors accès aux endroits les plus en vue de la capitale, peuvent user et abuser des drogues comme ils l'entendent, et séduire une fille (minimum) différente tous les soirs… Just an illusion… Oubliant de construire sa vie, Paul vit sa passion à 200%, en nuits blanches, en alcool, en excès en tous genres… et petit à petit perd pied avec la réalité.
Mia Hansen-Løve a écrit le scénario avec son frère aîné, et de fait le personnage est une transposition à l'écran de Sven Hansen-Love, DJ dans les années 90, qui connut une gloire aussi rapide qu'éphémère. Il a payé les pots cassés et ce film est clairement une manière pour lui de briser le miroir aux alouettes et en même temps de raconter la naissance d'un genre musical qui continue à vivre. La réalisatrice a eu la bonne idée de s'entourer de la jeune génération française d'acteurs, confirmés ou non, tous impeccables, qui donnent parfaitement corps au récit.

Pas question de terminer sans vous dire que la bande son du film est une pure merveille, des grands classiques aux redécouvertes de la French touch, les amateurs comme les néophytes seront comblés !

CGR Eldorado : lundi 13h45 - samedi 14h - mercredi 15h45 - dimanche 20h30




Et maintenant ?
Documentaire réalisé par Joaquim PINTO
Portugal - 2014 - 2h44mn - VOSTF
Prix Special du Festival du Film de Locarno

Journal intime d’une lutte quotidienne contre la maladie, le film de Joachim Pinto est aussi une magnifique déclaration d’amour.

Et maintenant ? est un journal filmé, une réflexion sur la survie au-delà de tous les pronostics mais aussi sur l’amour, l’amitié, le cinema et le Portugal depuis la révolution jusqu’à la crise actuelle. Depuis 20 ans Joaquim Pinto vit avec le VIH et l’hépatite C. Exilé dans la campagne de Lisbonne avec son mari Nuno et leurs chiens, Joaquim a décidé d’arrêter toutes ses activités liées au cinema pour suivre un nouveau protocole. Le Portugal lutte contre la crise et Joachim contre la mort.

Ardu de par son sujet même, ne cédant jamais au lyrisme auto- compassionnel ni à la dramatisation facile, le film de Joachim Pinto réussit à maintenir la juste distance d’une forme de pudeur tout en affrontant sans détours, parfois crûment, l’intimité d’un couple mis à l’épreuve incessante de la maladie, mais qui tient bon en dépit de tout.
Le ton de ce journal est dénué d’emphase, presque terre à terre, alternant moments d’énergie et de lassitude au gré des aléas du traitement médical, enchaînant souvenirs de moments passés (et filmés jadis), tâches quotidiennes et digressions scientifiques ou philosophiques sans chercher à donner une unité artificielle à une réalité perçue comme fragmentée, éparpillée. La maladie est omniprésente mais elle devient aussi un stimulant poussant au travail, à la lutte acharnée pour préserver le jardin menacé par les incendies de forêts, aiguisant l’inquiétude face à l’état du Portugal et du monde.

La figure de Nuno, le compagnon fidèle et taciturne, d’abord présence discrète, entrevue, se dessine peu à peu et prend de l’ampleur. La manière dont Pinto transfome progressivement son film en déclaration d’amour est très belle et émouvante.

L’audace tranquille de ce cinéma sans apprêts, qui ne cherche pas à séduire, est sans prix.

CGR Eldorado : mercredi 13h45 - lundi 15h45 - dimanche 16h - vendredi 20h




Les Nouveaux sauvages
LES NOUVEAUX SAUVAGESRéalisé par Damián SZIFRON
Argentine - 2014 - 2h - VOSTF
avec Ricardo Darín, Leonardo Sbaraglia, Erica Rivas, Julieta Zylberberg, Diego Gentile...
Amphore d'Or au Fifigrot 2014


Les Nouveaux sauvages, c'est le film furieusement poil à gratter qui ne cesse de surprendre et de faire hurler de rire le public de tous les festivals dans lesquels il est programmé depuis sa sélection cannoise, la comédie jubilatoire qui vient de devenir le film le plus vu depuis plus de trente ans dans son pays d'origine, l'Argentine – le film a d'ores et déjà été choisi comme représentant argentin aux Oscars, espérant ainsi renouveler, cinq ans après et dans un registre tout à fait différent, le triomphe de Dans ses yeux, déjà interprété par l'incontournable et irrésistible Ricardo Darín. Et si nous pouvons vous assurer que ce succès est amplement mérité, il est tout de même surprenant. Car Les Nouveaux sauvages est ce qu'on appelle un film à sketches, genre peu répandu et généralement considéré comme désuet, exercice bigrement difficile, parfaitement maîtrisé ici par un jeune réalisateur qui enchaîne à un rythme infernal six saynètes de haute volée.

Les passagers d'un avion s'aperçoivent qu'ils connaissent tous une même personne. Une serveuse de restaurant reconnaît un courtier responsable de la ruine de son père. Deux conducteurs de voitures se livrent à une guerre sans merci sur une route déserte. Un père de famille dont la voiture part en fourrière se rebelle. Le fils d'une riche famille renverse une femme enceinte alors qu'il est au volant. Un mariage huppé tourne au jeu de massacre…

Six histoires reliées entre elles par un seul fil conducteur : le pétage de plombs, le cramage de durite, le dégoupillage en règle. Celui qui pousse un individu à laisser libre cours à ses instincts les plus vils, à franchir la frontière entre civilisation et barbarie, à répondre au chaos du monde qui l'entoure en laissant s'exprimer sa propre démence. Les Nouveaux sauvages met en scène ces dérèglements avec un humour ravageur et outrageusement noir qui étrille en toute impertinence notre société contemporaine, travestissant le tragique en comique dans des scénarios millimétrés bourrés de surprises, d'invention, de cruauté, et dans lesquels les bons sentiments ne sont définitivement pas les bienvenus…

Et l’on rit abondamment face à ces situations qui dégénèrent immanquablement jusqu'à la folie dévastatrice. Et si nous ne pouvons vous en dire plus sans risquer de trop dévoiler les nombreuses idées qui fourmillent dans chacun des segments de ce film détonant, nous pouvons vous assurer d'une chose, il y en aura pour tous les (mauvais) goûts : il y aura des cris, des larmes, de la sueur et du sang, il y aura des cadavres à la pelle et des armes en tous genre, il y aura des injures, des insultes et des outrages, il y aura des affronts, des châtiments et des vengeances… volcaniques ! Six films comme des bâtons de dynamite, qui explosent les genres, les conventions et les règles de la bienséance, dévastent tout sur leur passage et laissent derrière eux l'écho des éclats de rires dans un champ de ruines… De la bombe, vous dis-je !

CGR Eldorado : jeudi, samedi 14h - dimanche 16 h - mercredi 16h45 - vendredi 17h45 - lundi 18h45 - mardi 20h30


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Edith Cantu
358 chemin du peyrard
83300 Draguignan

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Vous recevrez une carte d'adhérent qui vous donnera droit au tarif de 4 € 90 d'entrée au cinéma, sauf pour les films qui seront en sortie nationale qui resteront au tarif ordinaire.

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