Le programme du 31 décembre au 6 janvier

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Bonjour à tous !

Peu de changement cette semaine, en tous cas pas de nouveau film !
Il faut en profiter pour voir ceux qui nous ont échappés !
Nous n'avons pas, comme c'était prévu, "Le procès de Viviane Ansalmen" : nous ne savons pas pourquoi, ni si sa programmation est remise à plus tard. Pour le moment la question a été posée mais est restée  sans réponse !
Ces jours-ci va partir la nouvelle proposition de programmation : donc si vous avez des désirs de films, n'hésitez pas à nous envoyer un petit mail !
Ensuite, on commence à réfléchir à un cycle "Europe du Nord", dont nous vous avons déjà parlé : là aussi si vous avez des idées, n'hésitez pas à nous en faire part.
Rappel : réunion mini-festival polar chez Édith mardi 6 janvier à 18h.
Et toujours :
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Bonne fin d'année à tous !

Entretoiles

PROGRAMMATION DU 31 DÉCEMBRE 2014 AU 6 JANVIER 2015

AVANT-PREMIÈRE
A Most Violent Year
A Most Violent Year
Réalisé par J. C. CHANDOR
USA - 2014 - 2h05mn
avec Oscar Isaac , Jessica Chastain , David Oyelowo...
New York City, 1981. Abel est un homme d’affaires immigré qui a des envies de rêve américain. Il tente de se faire une place dans le business du pétrole en voulant racheter une raffinerie idéalement située. Il se heurte bientôt au climat hostile de l’année la plus violente que le pays ait connu, ainsi qu’un entourage qui désire entraver sa réussite...
Remarqué avec son premier film au casting impressionnant, nouvelle variation du monde impitoyable de la finance (Margin Call), J. C. Chandor a ensuite balancé Robert Redford seul sur un bateau au milieu d’un océan pas toujours très accueillant dans le survival All is Lost avec à nouveau un bel enthousiasme critique et public. Son troisième film se devait donc être celui de la confirmation
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CGR Eldorado : mercredi, dimanche, lundi : 13h45 - jeudi, vendredi,samedi, mardi :14h - mercredi, lundi : 16h - jeudi, vendredi, samedi, mardi : 18h - mercredi, dimanche,lundi : 18h15 - tous les jours : 20h30
Mr. Turner Mr. Turner
Écrit et réalisé par Mike LEIGH
GB - 2014 - 2h29mn - VOSTF
avec Timothy Spall, Dorothy Atkinson, Marion Bailey, Paul Jesson, Lesley Manville, Martin Savage, Ruth Sheen...
Depuis sa mort, en 1851, Turner est devenu une figure centrale de l’art occidental. La contradiction entre la médiocrité ordinaire d’une existence et la singulière beauté d’une œuvre est au centre du grand film que Mike Leigh consacre aux vingt-cinq dernières années de la vie du peintre. On découvre un homme jouissant d’une célébrité et d’une prospérité enviables. Ses collègues de l’académie royale le tiennent pour un excentrique, mais la noblesse, qui doit décorer ses demeures, lui assure des revenus constants. L’artiste est un mufle atroce avec les femmes, que ce soit la mère de ses deux filles ou sa servante Hannah Danby. Le seul être auquel il manifeste de la tendresse est son père, qui fut barbier à Covent Garden.... lire la suite
CGR Eldorado : dimanche, lundi : 13h45 - jeudi 14h - vendredi 18h - mercredi, samedi, mardi 20h15
Le Temps des aveux Le Temps des aveux
Réalisé par Régis WARGNIER
France - 2014 - 1h35mn
avec Raphaël Personnaz, Kompheak Phoeung, Olivier Gourmet...
Régis Wargnier aime les contrées lointaines, le souvenir de terres sous tension dont les tremblements de l’histoire humaine fait jaillir en lui des récits ambitieux, seul ou presque à faire ce cinéma en France. Pour Le Temps des Aveux, le metteur en scène français s’attache à l’histoire de François Bizot, un ethnologue français capturé par les Khmers rouges. Détenu dans un camp perdu dans la jungle, Bizot est accusé d’être un espion de la CIA. Sa seule chance de salut, convaincre Douch, le jeune chef du camp, de son innocence. Tandis que le français découvre la réalité de l’embrigadement des Khmers rouges, se construit entre le prisonnier et son geôlier un lien indéfinissable... lire la suite
CGR Eldorado : vendredi mardi 14h - mercredi 16h15 - dimanche 16h30 - jeudi 18h
Marie Heurtin Marie Heurtin
Réalisé par Jean-Pierre AMÉRIS
France - 2014 - 1h35mn
avec Isabelle Carré, Ariana Rivoire, Brigitte Catillon...
Marie Heurtin, née sourde et aveugle, a 14 ans et est promise à un sombre destin. Dans la France de la fin du XIXe siècle, son incapacité à communiquer est jugée comme un signe de débilité. C'est alors que Soeur Marguerite, une religieuse de l'Institut de Larnay, commence à s'intéresser à son cas. Elle voit dans Marie Heurtin une âme emprisonnée qui ne demande qu'à être libérée. Comment peut-elle vivre dans l'obscurité et l'isolement les plus total? s'interroge-t-elle. Elle-même malade des poumons, elle decide de prendre la jeune fille sous son aile et ce malgré la désapprobation et le scepticisme de la mère supérieure... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi, samedi 14h - dimanche 18h30 - jeudi, lundi 20h30
Les Héritiers Les Héritiers
Réalisé par Marie-Castille MENTION-SCHAAR
France - 2014 - 1h45mn
avec Ariane Ascaride, Ahmed Drame, Noémie Merlant...
Un film, inspiré d’une histoire vraie, avec une force documentaire incroyable. Alors que la réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar nous avait laissé un goût amer avec son précédent film "Bowling" (comédie ratée avec Catherine Frot), les a priori sur son nouveau long métrage étaient fortement orientés vers le catastrophisme surtout avec un sujet portant sur l’école, c’est-à-dire loin d’être des plus originaux… Force est de constater qu’il faut toujours laisser ses préjugés aux vestiaires tant ce film est un petit miracle... lire la suite
CGR Eldorado : samedi, lundi, mardi 18h - mercredi 18h15 - dimanche 20h30 - vendredi 20h45



Et si vous voulez en savoir un peu plus...

A Most Violent Year
© StudioCanalRéalisé par J. C. CHANDOR
USA - 2014 - 2h05mn
avec Oscar Isaac , Jessica Chastain , David Oyelowo...

New York City, 1981. Abel est un homme d’affaires immigré qui a des envies de rêve américain. Il tente de se faire une place dans le business du pétrole en voulant racheter une raffinerie idéalement située. Il se heurte bientôt au climat hostile de l’année la plus violente que le pays ait connu, ainsi qu’un entourage qui désire entraver sa réussite…

Remarqué avec son premier film au casting impressionnant, nouvelle variation du monde impitoyable de la finance (Margin Call), J. C. Chandor a ensuite balancé Robert Redford seul sur un bateau au milieu d’un océan pas toujours très accueillant dans le survival All is Lost avec à nouveau un bel enthousiasme critique et public. Son troisième film se devait donc être celui de la confirmation, celui qui devait faire taire les plus sceptiques ou les détracteurs qui craignaient que l’aspect financier prenne le pas sur le film noir. Car, avec un casting pareil et le contexte dans lequel se situe le pitch, on était assez excité.

Autant le dire tout de suite : ceux qui s’attendaient à un polar élégant et haletant qui voit le héros renoncer à ses valeurs morales pour protéger ceux qu’il aime car touchés par cette violence extérieure seront probablement déçus.

Élégant, A Most Violent Year l’est pendant les 2h de métrage : la photographie jaunie nous plonge délicieusement à nouveau dans cette époque seventies et la mise en scène de J. C. Chandor se révèle assez remarquable avec ses cadrages précis et l’utilisation d’une musique discrète qui surgit dans les moments de tension dramatique. Haletant, il le devient également lors de quelques fulgurances et deux séquences notamment de course-poursuite d’une très grande maîtrise. On regrettera que ce genre de scènes ne soit pas plus nombreuses mais c’est surtout le tempo général qui pourra en rebuter certains.

Pour tous les autres qui connaissent le bonhomme, ils ne seront pas surpris d’apprendre que l’intérêt est ailleurs. En plus de s’appuyer sur une interprétation assez magistrale, le film a pour lui un scénario écrit avec une grande intelligence qui brasse des thèmes et soulève des questions assez virulentes. L’envie de réussite d’Abel entraîne la jalousie, donc bien des obstacles à surmonter. Il est amusant de constater comme ce personnage est un anti-héros des films noirs traditionnels, avec ses valeurs morales très solides et son entêtement à vouloir faire rimer réussite avec honnêteté sans céder aux facilités du côté obscur du milieu qu’il veut percer. Tout le contraire de Tony Montana par exemple.
A ce propos, la performance de Oscar Isaac (Inside Llewyn Davis) est impressionnante tant il est habité par son personnage. Physiquement, il porte des costumes et des cabans qu’il a sans doute volé au Robert de Niro de Casino ou des Affranchis. On imagine parfois volontiers ce dernier lorsqu’il sort de chez le coiffeur, engueule sa femme ou donne une leçon de morale à un de ses employés.

Sa femme, c’est Jessica Chastain (Interstellar) . Il se dit qu’ils étaient tous deux élèves de la même école de théâtre et n’avaient jamais eu l’occasion de tourner ensemble. C’est désormais chose faite et le plaisir qu’il prennent à se donner la réplique est communicatif. Une fois de plus toutefois, il est dommage que certains de leurs face-à-face n’aillent pas plus loin et surtout se montrent assez rares, car on en redemanderait bien volontiers.

Bien sûr, la violence va jouer un rôle prépondérant dans le développement de l’intrigue, mais jamais vraiment s’immiscer dans la vie privée d’Abel. Elle fait plutôt office de parasite, de gêne occasionnée qu’il va falloir contourner avec toute la patience, la froideur et la rigueur du personnage principal.

Au final, A Most Violent Year porte assez mal son titre : nous sommes volontairement placés en retrait, comme protégés de la criminalité qui sévit dans la ville (tout juste quelques messages radio dans une voiture, qui nous rappellent la tension qu’il doit y avoir là-bas) pour mieux cogiter sur une question : comment devient-on chef d’entreprise ? Donc comment obtenir du pouvoir, de quelle manière l’obtenir ? En recherchant ce statut d’homme de pouvoir, Abel sera même tenté de céder à la facilité…

Il faut savoir à peu près à quoi s’attendre avant d’aller voir A Most Violent Year tant J. C. Chandor semble déconstruire le genre du film noir pour mieux y injecter sa propre vision d’un modèle capitaliste sur lequel se serait construit l’Amérique. Si la toute dernière scène peut laisser perplexe, on a paradoxalement la sensation d’avoir assisté à un très bon moment de cinéma. Et à la confirmation d’un cinéaste.


CGR Eldorado : mercredi, dimanche, lundi : 13h45 - jeudi, vendredi,samedi, mardi :14h - mercredi, lundi : 16h - jeudi, vendredi, samedi, mardi : 18h - mercredi, dimanche,lundi : 18h15 - tous les jours : 20h30




Mr. Turner
Mr TURNERÉcrit et réalisé par Mike LEIGH
GB - 2014 - 2h29mn - VOSTF
avec Timothy Spall, Dorothy Atkinson, Marion Bailey, Paul Jesson, Lesley Manville, Martin Savage, Ruth Sheen...

Depuis sa mort, en 1851, Turner est devenu une figure centrale de l’art occidental, l’homme qui a ouvert le passage vers l’impressionnisme, vers l’abstraction même. La contradiction entre la médiocrité ordinaire d’une existence et la singulière beauté d’une œuvre est au centre du grand film (par la durée, l’ambition et la réussite) que Mike Leigh consacre aux vingt-cinq dernières années de la vie du peintre. On découvre un homme jouissant d’une célébrité et d’une prospérité enviables. Ses collègues de l’académie royale le tiennent pour un excentrique, mais la noblesse, qui doit décorer ses demeures, lui assure des revenus constants. L’artiste est un mufle atroce avec les femmes, que ce soit la mère de ses deux filles, qu’il a refusé d’épouser, ou sa servante Hannah Danby (Dorothy Atkinson). Le seul être auquel il manifeste de la tendresse est son père, qui fut barbier à Covent Garden. […] Si Mike Leigh met deux heures et demie à raconter cette marche vers la mort, c’est qu’il ne veut pas sacrifier au rituel du biopic, en cochant une case à chaque fois qu’un épisode connu de la pauvre légende du peintre a été porté à l’écran. L’ambition est autre : employer les moyens de la fiction historique (les costumes, les décors et – surtout – la langue) pour susciter l’illusion d’une vie organique, qui baigne dans les odeurs et les couleurs de Londres au milieu du xixe siècle.

Il y parvient avec une grâce mélancolique et un humour irrésistible. En Timothy Spall, Mike Leigh a trouvé l’interprète idéal, un acteur qui ne se soucie ni de séduire ni de convaincre, tout occupé qu’il est à habiter son personnage. Le rythme ample du scénario permet de faire durer les séquences jusqu’à ce qu’il en émerge une vérité, humaine et artistique.
Grâce à Dick Pope, son chef opérateur, Mike Leigh a réussi à trouver un passage entre la photographie et l’art du peintre, qui reposait sur l’atténuation, voire la dissolution des formes. Les ciels anglais, les brumes londoniennes, les couchers de soleil sur l’estuaire de la Tamise gardent une réalité palpable, tout en effleurant le mystère de la peinture de Mr Turner.

CGR Eldorado : dimanche, lundi : 13h45 - jeudi 14h - vendredi 18h - mercredi, samedi, mardi 20h15




Le temps des aveux
Le Temps des aveuxRéalisé par Régis WARGNIER
France - 2014 - 1h35mn
avec Raphaël Personnaz, Kompheak Phoeung, Olivier Gourmet...

Régis Wargnier aime les contrées lointaines, le souvenir de terres sous tension dont les tremblements de l’histoire humaine fait jaillir en lui des récits ambitieux, seul ou presque à faire ce cinéma en France. Après avoir doucement foulé la terre française avec La Ligne Droite, petit film dans une immense filmographie, Régis Wargnier repart à la conquête du passé et colonise de sa caméra le Cambodge des années 70. Pour Le Temps des Aveux, le metteur en scène français s’attache à l’histoire de François Bizot, un ethnologue français capturé par les Khmers rouges. Détenu dans un camp perdu dans la jungle, Bizot est accusé d’être un espion de la CIA. Sa seule chance de salut, convaincre Douch, le jeune chef du camp, de son innocence. Tandis que le français découvre la réalité de l’embrigadement des Khmers rouges, se construit entre le prisonnier et son geôlier un lien indéfinissable.

Adaptant les deux livres écrits par François Bizot sur sa capture et ses retrouvailles avec son geôlier bien des années après, Régis Wargnier donne cette impression de n’en avoir rien à faire de son personnage principal. Cinq années, un mariage et un enfant passent à la trappe d’une introduction éclaire, définissant plus rapidement son emprisonnement et le lien qui va naître sous nos yeux entre ce responsable de camp et Bizot. Incarné avec volonté et charisme par Raphaël Personnaz, son personnage ne sera malheureusement que le pivot pour le réalisateur à décrypter l’univers des Khmers Rouges, leurs vies repliées dans la jungle et prendre le pouls de cette révolution majeure dans l’histoire du monde asiatique. De la jungle au confinement des réunions rebelles dans des baraques sombres, viendra bientôt le dépeuplement d’une capitale de 2 millions de personnes en deux jours par les forces révolutionnaires. Les pieds bien ancrés au sol, Régis Wargnier capte astucieusement cette épopée historique, empêchant toutes envolées narratives à prendre vie. Dans une vision très documentaire, le réalisateur appuie sa retranscription au détail près.

Le Temps des Aveux, a une approche presque anti-cinéma,. Les moyens mis à disposition de Régis Wargnier seront utiles au déploiement de son regard sur cette partie tragique de l’histoire. Mais l’émotion est absente, dissoute dans cette posture volontaire de ne faire des personnages que de simples axes directionnels à emmener sa caméra dans les travers de ce pays et cette culture en mouvement. Un regard qui se respecteet une volonté intéressante.

CGR Eldorado : vendredi mardi 14h - mercredi 16h15 - dimanche 16h30 - jeudi 18h




Marie Heurtin
Marie HeurtinRéalisé par Jean-Pierre AMÉRIS
France - 2014 - 1h35mn
avec Isabelle Carré, Ariana Rivoire, Brigitte Catillon...

Marie Heurtin, née sourde et aveugle, a 14 ans et est promise à un sombre destin. Dans la France de la fin du XIXe siècle, son incapacité à communiquer est jugée comme un signe de débilité. C'est alors que Soeur Marguerite, une religieuse de l'Institut de Larnay, commence à s'intéresser à son cas. Elle voit dans Marie Heurtin une âme emprisonnée qui ne demande qu'à être libérée. Comment peut-elle vivre dans l'obscurité et l'isolement les plus total? s'interroge-t-elle. Elle-même malade des poumons, elle decide de prendre la jeune fille sous son aile et ce malgré la désapprobation et le scepticisme de la mère supérieure...

Jean-Pierre Améris raconte l'histoire vraie de soeur Marguerite (Isabelle Carré) qui, refusant de considérer comme désespéré le cas de Marie Heurtin, mit au point une méthode (toujours utilisée) basée sur le toucher... Un « petit animal sauvage » sauvé par une bonne soeur : le sujet pouvait laisser craindre un film empesé de bons sentiments. Mais, en dehors du plan final — un long regard appuyé de Marie vers le ciel —, le cinéaste privilégie le physique au spirituel : il filme le combat acharné de deux êtres qui luttent pour parvenir à communiquer (c'était déjà le cas dans sa comédie Les Emotifs anonymes)... Quand la mort surgit, en revanche, le combat devient solitaire et soeur Marguerite s'enferme à son tour dans le silence...

Respectueux et tendre, cet éloge de la patience touche par ses partis pris esthétiques : les cadrages sur les doigts de Marie (ses seuls « outils » de langage) et sur sa nuque quand elle accepte, enfin, qu'on lui brosse les cheveux. Les couleurs, entre gris pensionnat et bleu cornettes, évoquent les toiles de Degas, ses femmes à la toilette... Pour Améris, la beauté, sinon Dieu, est dans le détail.

CGR Eldorado : mercredi, samedi 14h - dimanche 18h30 - jeudi, lundi 20h30




Les Héritiers
Les HéritiersRéalisé par Marie-Castille MENTION-SCHAAR
France - 2014 - 1h45mn
avec Ariane Ascaride, Ahmed Drame, Noémie Merlant...

Un film, inspiré d’une histoire vraie, avec une force documentaire incroyable. Alors que la réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar nous avait laissé un goût amer avec son précédent film "Bowling" (comédie ratée avec Catherine Frot), il faut dire que les a priori sur son nouveau long métrage étaient fortement orientés vers le catastrophisme surtout avec un sujet portant sur l’école, c’est-à-dire loin d’être des plus originaux… Force est de constater qu’il faut toujours laisser ses préjugés aux vestiaires tant ce film est un petit miracle. Il vous cueille comme rarement une histoire, des comédiens et une mise en scène vous scotchent à votre fauteuil. Et pourtant point de navettes spatiales ni de tempêtes force 4, mais la simplicité et l’universalité d’un beau et vaste sujet : le travail de mémoire autour de la Shoah pour une classe de seconde qui ne brille pas par ses résultats.

Démarrant par une scène qui donne le ton – question insoluble autour du port du voile –, "Les Héritiers" s’imprègne du monde dans lequel il vit aujourd’hui, en 2014. Normal, il est inspiré de l’histoire vraie d’Ahmed Dramé, co-scénariste et acteur principal du film. La première partie du long métrage dresse un constat accablant sur l’éducation dans les classes difficiles où les jeunes sont en totale autarcie intellectuelle vis-à-vis de leurs professeurs et en représentation permanente pour un tant soit peu exister et s’affirmer dans un groupe. Le constat n’est pas nouveau et on pense énormément au film de fiction, palmé d’or en 2008, "Entre les murs". D’autant plus qu’il possède ses mêmes qualités : une mise en scène presque documentaire et immersive – on oublie complètement la caméra –, ainsi que des comédiens plus vrais que nature (étudiants comme professeurs).

Alors qu’on cherche encore à savoir où la réalisatrice veut nous emmener, le pivot du film arrive quand la prof principale (bouleversante Ariane Ascaride) invite ses élèves à pénétrer la Grande Histoire par la petite porte. Elle leur propose de participer à un concours national en travaillant, en plus de leur scolarité, sur le sujet des « enfants et adolescents dans le système concentrationnaire nazi ». À partir de là le film décolle et nous avec ! Les étudiants se retrouvent alors face à des portraits d’ado confrontés à l’horreur de la guerre, des ados d’une autre génération, mais des ados comme eux. L’identification est frontale et leur regard sur ce pan de l’Histoire (qui s’arrêtait pour eux à des pages d’un livre de collège ou à un film américain) change du tout au tout.

Les thèmes de la transmission et de l’héritage prennent tout leur sens dans le système éducatif si décrié. C’est également une belle leçon de partage où le travail collectif trouve son salut. La prof principale « élève » toujours vers le haut ses étudiants. Elle croit constamment en eux. Elle tient bon quand il faut les recadrer et leur ouvre de nouveaux horizons d’apprentissage. Ces derniers comprennent alors qu’ils sont les héritiers d’un savoir qu’ils devront eux-mêmes partager plus tard. Et la rencontre avec Léon Zyguel est, à ce stade, capitale. Dans une scène à la force documentaire incroyable, ce vieil homme, un vrai rescapé de la Shoah, témoigne face aux élèves. La caméra ne semble plus là, les élèves sont – réellement – médusés face à ce monsieur qui leur parle de sa vie à leur âge. Le spectateur a l’impression d’y être aussi et de partager avec eux ce moment d’émotion intense.

L’émotion ne quitte alors plus le spectateur, qui se prend d’affection pour cette classe cosmopolite du lycée Léon Blum : un homme politique français qui s’est opposé au régime de Vichy et a été déporté près d’un camp de concentration. C’est aussi cela "Les Héritiers", des portraits de jeunes qui pourraient se reconnaître en des « figures » de notre pays (Blum, Zyguel, mais aussi Simone Veil qui se déclarait « insolente au lycée » dans un reportage pour la télévision mais dont on connaît le parcours par la suite). En filigrane, Marie-Castille Mention-Schaar rappelle que l’échec n’est pas le résultat d’une fatalité et que le courage et le travail permettent d’accéder à la réussite. Ces jeunes lycéens en sont la preuve vivante : tous ont eu leur bac et la plupart avec mention !

CGR Eldorado : samedi, lundi, mardi 18h - mercredi 18h15 - dimanche 20h30 - vendredi 20h45



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