Le programme du 4 au 10 mars 2015

Entretoiles entretoiles Entretoiles
Bonjour à tous !

Voici encore une belle semaine cinéphile avec deux beaux nouveaux films sur nos écrans : Le prix à payer, documentaire canadien, qui est un film passionnant, accessible à tous, au sujet du drame économique et social qui se joue partout dans le monde. Donc, ne le ratez pas ! Il y a aussi cette semaine Coming home, film chinois, très beau récit sur l'amour brisé par l'Histoire...
Et sinon, vous pouvez toujours voir Imitation gameTimbuktu film phénomène avec ses 7 oscars et son succès qui ne se dément pas, Whiplash, et les 3 films pour enfants en ces temps de vacances scolaires...
Nous vous le disions la semaine dernière : notre cinéma est en danger, sa fermeture est annoncée pour la fin du mois. Toutes les idées pour empêcher cette fermeture sont bienvenues. Il y a réunion à ce sujet, entre autres, ce mardi 3 février à 18 h chez Claire (0664814971) pour ceux qui veulent. Mais de toutes façons, nous allons faire appel à vous pour se mobiliser et trouver une solution.
La fréquentation du cinéma reste La Preuve qu'il en vaut la peine ! Alors ... allez au cinéma ! transférez... et adhérez (bulletin à la fin) si ce n'est pas fait ! 
Et si vous voulez recevoir notre lettre directement dans votre boîte, vous pouvez envoyer un mail à entretoiles83300@gmail.com.

PROGRAMMATION DU 4 AU 10 MARS 2015

Le Prix à payer
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Le Prix à payer
Réalisé par Harold CROOKS
Canada - 2014 - 1h33mn - VOSTF
Documentaire écrit par Harold Crooks et Brigitte Alepin, d'après son livre
En ces temps de tourments économiques et sociaux qui, dans le monde entier, affectent brutalement les plus fragiles, voici un film salutaire et pédagogique qu'il faut montrer* à toutes celles et ceux qui sont persuadés de ne rien entraver à la complexité des règles économiques que nous subissons, sans avoir le plus souvent les outils pour les décrypter et encore moins les armes pour les combattre. Un film passionnant, antidote à la fatalité pour celles et ceux qui se résigne à croire que les inégalités et l'austérité sont les conséquences inévitables de la crise. Le documentariste Harold Crooks est parti enquêter, de la City de Londres jusqu'aux îles anglo-normande ou des Caraïbes en passant par le Luxembourg, sur les paradis fiscaux et sur les nouvelles pratiques des grandes firmes internationales pour échapper à tout impôt dans les états où elles génèrent leurs profits... lire la suite
CGR Eldorado : lundi 14h - mercredi, vendredi, dimanche, mardi 18h - jeudi, samedi, dimanche, lundi 20h30
Coming Home
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Coming Home
Réalisé par ZHANG YIMOU
Chine - 2014 - 1h50 - VOSTF
avec Gong Li, Chen Daoming, Zhang Huiwen, Guo Tao... Scénario de Zou Jingzhi, d'après le roman Le Criminel Lu Yanshi, de Yan Geling.
On est heureux et très agréablement surpris de voir revenir Zhang Yimou, avec ce Coming home, à cette veine du drame social qui était si belle dans Qiu Ju, une femme chinoise (1992), dans lequel Gong Li incarnait une paysanne obstinée, bien décidée à défendre l'honneur bafoué de son mari devant les tribunaux compétents de la ville. L'action se situe ici pendant et après la Révolution culturelle. Feng Wanyu vit modestement de la couture et élève sa fille Dan Dan, brillante jeune danseuse qui espère vivement décrocher le rôle titre d'une comédie musicale révolutionnaire. On comprend vite que le mari et père, Lu Yanshi, est un de ces nombreux intellectuels emprisonnés par le régime pour déviationnisme petit bourgeois. Il va d'ailleurs réussir à s'échapper de son camp d'internement, ce qui va faire basculer la vie de la famille, avant d'être rattrapé... lire la suite
CGR Eldorado : lundi 13h45 - jeudi, samedi, dimanche, mardi 18h - mercredi, vendredi, dimanche, lundi 20h30
Imitation Game
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Imitation Game
Réalisé par Morten TYLDUM
Royaume-Uni / USA - 2015 - 1h54mn - VOSTF
avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode...
A la fois thriller historique, biopic épique et drame intime, Imitation Game, façonné pour gagner des Oscars et séduire le grand public, n’en est pas moins un film intelligent et captivant.
1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.
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CGR Eldorado : lundi 16h et 18h15 - mercredi 18h - jeudi 20h30
Timbuktu
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Timbuktu
Réalisé par Abderrahmane SISSAKO
Mauritanie - 2014 - 1h37mn - VOSTF
avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri, Fatoumata Diawara...
Scénario d'Abderrahmane Sissako et Kessen Tall
Une étendue de sable ocre inondée d’une lumière chaude et dorée… Paysage d’une beauté tranquille, comme une image de la paix… Légère, bondissante, cavale une gazelle agile. On devine à peine son regard de biche incomparablement fardé, souligné de noir par la nature. Séductrice malgré elle. Finesse et fragilité, force et vivacité… À peine a-ton le temps de l’admirer qu’on s’aperçoit que sa course est celle d’une bête traquée. Elle fuit ce monstre disproportionné, ce gros quatre-quatre et ses occupants armés jusqu’aux dents qui commencent à tirer… « Ne la tuez-pas, fatiguez-là ! » ordonne l’un d’entre eux. Pourquoi ?... lire la suite
CGR Eldorado : mardi 14h - lundi 16h - jeudi, samedi, lundi 18h - mercredi, vendredi, mardi 20h30
Whiplash
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Whiplash
Réalisé par Damien CHAZELLE
USA - 2014 - 1h45 - VOSTF
avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser...
Grand Prix et Prix du Public, Festivals de Sundance et du Cinéma américain de Deauville
« Avec Whiplash, je voulais réaliser un film qui ressemble à un polar à suspense – un film dans lequel les instruments de musique remplacent les armes à feu et où l’action se déroule dans une salle de répétition ou sur une scène de concert – et je voulais filmer chaque concert comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, une course-poursuite ou disons un braquage de banque. » Damien Chazelle. Un deux, un deux trois quatre… C'est l'histoire d'un jeune type têtu qui s'entête à tenir le tempo en tapant sur ses toms, un mec qui cogne en cadence et claque ses coups crescendo, de saccades en syncopes, grosse caisse, caisse claire... lire la suite
CGR Eldorado : mardi 14h - dimanche 16h -  vendredi 18h - samedi, mardi 20h30
Le Chant de la Mer
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Le Chant de la Mer
Film d'animation réalisé par Tomm Moore
2014
avec David Rawle, Fionnula Flanagan, Brendan Gleeson...
C'est quoi, une « selkie » ?... Une variante de la sirène, ­mi-femme, mi-... phoque. A partir de cette étrange créature du folklore celtique, l'Irlandais Tomm Moore a imaginé un conte animé tout brillant d'embruns, tout couvert de magie moussue et de sentiments doux. Au commencement, il y a un phare, perché au bord d'un océan bleu nuit, plein de volutes et d'entrelacs. C'est le foyer de Ben et de sa petite soeur Maïna, dont la maman a mystérieusement disparu. Qu'est-elle devenue ? Et que va devenir Maïna, cette gamine mutique à la bouille ronde de lutin ? Recueillis en ville par leur grand-mère, les deux enfants s'échappent et se lancent dans une aventure peuplée de farfadets cocasses et de génies chevelus... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi, vendredi, samedi 14h - mercredi 16h
Panique chez les jouets
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Panique chez les jouets
Film d'animation de Joël Simon, Bruno Collet, Vincent Patar et Stéphane Aubier
France / Belgique - 2014 - 43mn
avec Joel Simon, Bruno Collet, Vincent Patar...
Panique chez les jouets est clairement à part. S’adresse-t-il vraiment au jeune public ? Sans doute, mais il y a fort à parier que les adultes y prendront autant, voire plus, de plaisir. Notamment face àLa Bûche de Noël, servi en dessert du programme, le nouveau délire de Patar et Aubier, créateurs des mythiques PicPic André, qui reprennent les personnages de leur long Panique au village pour trente minutes de conte de Noël parfumé à la bière belge.... lire la suite
CGR Eldorado : jeudi, samedi, dimanche 14h et 15 h - mercredi 16h et 17 h
108 Rois-Démons
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108 Rois-Démons
Film d'animation réalisé par Pascal Morelli
France / Belgique / Luxembourg - 2015 - 1h44mn
avec Sylvain Mounier, Melissa Cornu, Hugues Hausman...
Aidé par Zhang-le-Parfait, le jeune prince Duan doit fuir son royaume pour avoir une chance de faire rétablir l'ordre après l'assassinat de son père. Sur leur route, le maitre et le disciple vont croiser les Rois-Démons qui terrorisent le pays. Cette histoire peu connue chez nous est intéressante et même si les blagues ne fonctionnent pas toutes, et que parfois on ne sait plus trop si c'est plutôt destiné à un public adulte ou plus jeune, il y a beaucoup d'humour. D'ailleurs on ne peut s'empêcher de trouver un petit côté Astérix et ses irréductibles gaulois, avec en plus un homme qui essaye d'attraper les 108 Rois-Démons qui est très maladroit. Et leur potion magique, c'est tout simplement la peur qu'ils suscitent autour d'eux... lire la suite
CGR Eldorado : mercredi, jeudi, vendredi, dimanche 14h



Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Le Prix à payer
LE PRIX À PAYERRéalisé par Harold CROOKS
Canada - 2014 - 1h33mn - VOSTF
Documentaire écrit par Harold Crooks et Brigitte Alepin, d'après son livre

En ces temps de tourments économiques et sociaux qui, dans le monde entier, affectent brutalement les plus fragiles, voici un film salutaire et pédagogique qu'il faut montrer* à toutes celles et ceux qui sont persuadés de ne rien entraver à la complexité des règles économiques que nous subissons, sans avoir le plus souvent les outils pour les décrypter et encore moins les armes pour les combattre. Un film passionnant, antidote à la fatalité pour celles et ceux qui se résigne à croire que les inégalités et l'austérité sont les conséquences inévitables de la crise. Le documentariste Harold Crooks est parti enquêter, de la City de Londres jusqu'aux îles anglo-normande ou des Caraïbes en passant par le Luxembourg, sur les paradis fiscaux et sur les nouvelles pratiques des grandes firmes internationales pour échapper à tout impôt dans les états où elles génèrent leurs profits.

Harold Crook n'est pas un perdreau de l'année question journalisme et cinéma d'investigation. Bhopal en quête de justice, film qu'il a produit pour la télé canadienne, montrait le rôle criminel de l'industrie chimique dans une des plus terribles catastrophes industrielles et écologiques de l'histoire, qui provoqua plusieurs centaines de morts et des milliers de contaminations, à l'origine de malformations génétiques sur plusieurs générations. The Corporation, dont il a écrit le commentaire, montrait les ambitions dévorantes des multinationales… On voit que notre homme ne fait pas de cadeaux au capitalisme triomphant…
On ne pourra pas pour autant accuser ce film d'être un pensum gauchisant nourri exclusivement d'intervenants anticapitalistes notoires. A côté des militants de la transparence financière et d'économistes médiatiques comme Thomas Piketty, Harold Crooks a interrogé des représentants de la très officielle OCDE mais aussi retrouvé de nombreux acteurs plus ou moins repentis de la bulle financière des paradis fiscaux. Banquiers des îles Caïman et ancien vice-président de Goldman Sachs déballent ainsi de manière assez stupéfiante les petites combines fiscales des multinationales. Le documentaire revient aux origines, quand la City of London, Etat dans l'Etat au cœur du Grand Empire Britannique, créait aux lendemains de la guerre ces petits paradis offshore où les fortunes de leurs clients pouvaient s'exempter de l'impôt : Caïmans, Jersey, Iles Vierges… Mais c'est bien aujourd'hui que se déploient sans vergogne les grandes combines des géants comme Amazon, Apple ou Google pour externaliser leurs profits (tous les profits européens d'Amazon sont par exemple centralisés au Luxembourg), et ainsi échapper aux impôts nationaux : leurs basses manœuvres intéressent au plus haut point les commissions parlementaires britanniques ou américaines dont les auditions édifiantes émaillent le film de manière quasi cocasse.

Mais au-delà de l'aspect presque risible de l'arrogance affichée par les représentants de ces entreprises pratiquant l'évitement fiscal, c'est un drame économique et social qui se joue. Ce sont plusieurs millions d'euros ou de dollars qui manquent aux Etats nations, qui auraient dû être légitimement perçus, qui ne sont donc pas redistribués dans le cadre des politiques sociales, justifiant ainsi les cures d'austérité imposées aux différents états, entretenant par conséquent les inégalités croissantes. On est effaré au passage par l'incapacité des fiscalités nationales, archaïques et inopérantes faute de coopération internationale réellement efficace, à maitriser des flux financiers qui ne prennent plus que quelques secondes. Pourtant, comme le soulignent certains intervenants, les remèdes sont connus : harmonisation des politiques fiscales à l'échelle européenne, taxes même symboliques sur les transactions financières… Des mesures a minima, immédiatement décidables, afin que la démocratie cesse enfin d'être bafouée par certains acteurs du marché et que les Etats regagnent ce que l'on appelle à juste titre leur « richesse manquante », ou plutôt celle de tous.

CGR Eldorado : lundi 14h - mercredi, vendredi, dimanche, mardi 18h - jeudi, samedi, dimanche, lundi 20h30




Coming Home
COMING HOMERéalisé par ZHANG YIMOU
Chine - 2014 - 1h50 - VOSTF
avec Gong Li, Chen Daoming, Zhang Huiwen, Guo Tao... Scénario de Zou Jingzhi, d'après le roman Le Criminel Lu Yanshi, de Yan Geling.
Festival de Cannes 2014 : Grand Prix « Un certain regard »


On ne va pas s'en cacher, on n'attendait plus grand chose de Zhang Yimou, cinéaste chinois qu'on avait pourtant beaucoup aimé à ses débuts (Le Sorgho rouge, Ju Dou, Epouses et concubines, Vivre !). Mais il s'était depuis lancé dans la réalisation de super-productions historico-héroïques pour le moins indigestes, avant de se déconsidérer en acceptant servilement de coordonner la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin en 2008, pour la plus grande gloire du gouvernement chinois…
On est donc heureux et très agréablement surpris de le voir revenir, avec ce Coming home, à cette veine du drame social qui était si belle dans Qiu Ju, une femme chinoise (1992), dans lequel Gong Li incarnait une paysanne obstinée, bien décidée à défendre l'honneur bafoué de son mari devant les tribunaux compétents de la ville.

L'action se situe ici pendant et après la Révolution culturelle. Feng Wanyu vit modestement de la couture et élève sa fille Dan Dan, brillante jeune danseuse qui espère vivement décrocher le rôle titre d'une comédie musicale révolutionnaire. On comprend vite que le mari et père, Lu Yanshi, est un de ces nombreux intellectuels emprisonnés par le régime pour déviationnisme petit bourgeois. Il va d'ailleurs réussir à s'échapper de son camp d'internement, ce qui va faire basculer la vie de la famille, avant d'être rattrapé.
Plusieurs années après sa libération et sa réhabilitation, la fin de la Révolution culturelle ne va pas pour autant être synonyme de bonheur et de renouveau pour la famille : Feng Wanyu semble totalement amnésique et ne reconnait pas son mari, s'obstinant chaque mois à aller à l'arrivée des trains attendre son retour alors qu'il est rentré depuis longtemps et qu'il vit tout à côté de chez elle…

Très beau récit sur l'amour brisé par les soubresauts de l'Histoire, Coming home est un film sans concessions sur les conséquences tragiques de la Révolution culturelle, période de tous les aveuglements, de toutes les paranoias qui brisèrent des familles entières, les enfants dénonçant leurs parents, vivant des années plus tard dans le secret et la culpabilité. Quelques scènes terribles sont symptomatiques : quand Lu Yanshi en fuite attend désespérément que sa famille lui ouvre la porte, ou quand la jeune Dan Dan est furieuse du retour de ce père qui risque de compromettre sa prometteuse carrière de danseuse… Mais en contrepoint, on est bouleversé par le repentir de la jeune fille ou l'abnégation de ce mari qui reste, année après année, voisin de sa femme qui ne le reconnaît plus, tentant de gagner son affection par des subterfuges. Et Zhang Yimou retrouve, comme dans ses meilleurs films, une élégance de mise en scène, une maîtrise de chaque plan, un souci du détail qui magnifient cette chronique déchirante.
Ironie de l'histoire pour Zhang Yimou, longtemps considéré comme cinéaste officiel du régime – et parallèle imprévu avec le sort de Dan Dan dans le film, recalée pour cause de père dissident – : malgré sa sélection au Festival de Cannes et son succès au box-office chinois, Coming home s'est vu écarté de la sélection aux Oscars, la Chine lui préférant pour la représenter le très tiède film franco-chinois Le Promeneur d'oiseau de Philippe Muyl. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'un des coproducteurs de Coming home est tombé en disgrâce politique et se retrouve menacé de poursuites judiciaires. Comme quoi les démons de la Chine dénoncés par le film ont encore de beaux jours sombres devant eux…

CGR Eldorado : lundi 13h45 - jeudi, samedi, dimanche, mardi 18h - mercredi, vendredi, dimanche, lundi 20h30




Imitation Game
Imitation gameRéalisé par Morten TYLDUM
Royaume-Uni / USA - 2015 - 1h54mn - VOSTF
avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode...

A la fois thriller historique, biopic épique et drame intime, Imitation Game, façonné pour gagner des Oscars et séduire le grand public, n’en est pas moins un film intelligent et captivant. 1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Premier constat : Imitation Game est un film calibré pour la course aux Oscars. Hollywood aime les biopics, les vies douloureuses, les destins exceptionnels, d’autant plus quand l’intimité d’un homme se mêle à la grande Histoire. On pense à Harvey Milk, au Discours d’un roi, à Lincoln, qui ont tous trois valus une statuette à leur acteur principal.
Aucun doute, Benedict Cumberbatch a de très bonnes chances de leur succéder, d’autant plus que son interprétation d’un génie profondément solitaire et mal dans sa peau est vraiment étonnante, donnant à la narration sophistiquée d’Imitation Game de troublantes nuances d’humanité.
Morten Tyldum décide de nous présenter la vie d’Alan Turing, dont les travaux servirent de fondements à l’informatique, sous la forme d’un mystérieux casse-tête, avec la volonté d’imprégner son film de l’esprit de son héros. En tant que narrateur principal, celui-ci nous raconte son histoire comme une énigme, comme s’il essayait de partager avec nous sa passion pour la résolution de problèmes inextricables.

CGR Eldorado : lundi 16h et 18h15 - mercredi 18h - jeudi 20h30




Timbuktu
TIMBUKTURéalisé par Abderrahmane SISSAKO
Mauritanie - 2014 - 1h37mn - VOSTF
avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri, Fatoumata Diawara...
Scénario d'Abderrahmane Sissako et Kessen Tall

Une étendue de sable ocre inondée d’une lumière chaude et dorée… Paysage d’une beauté tranquille, comme une image de la paix… Légère, bondissante, cavale une gazelle agile. On devine à peine son regard de biche incomparablement fardé, souligné de noir par la nature. Séductrice malgré elle. Finesse et fragilité, force et vivacité… À peine a-ton le temps de l’admirer qu’on s’aperçoit que sa course est celle d’une bête traquée. Elle fuit ce monstre disproportionné, ce gros quatre-quatre et ses occupants armés jusqu’aux dents qui commencent à tirer… « Ne la tuez-pas, fatiguez-là ! » ordonne l’un d’entre eux. Pourquoi ? Jeu inéquitable ? Petite joie cruelle ? Quelle gloire remporte le fort à vaincre ainsi le plus faible désarmé ? Le rapport de force est sans surprise, les dés sont pipés. La victime n’a aucune chance face à ses prédateurs. Le ton est donné.

La gazelle ouvre le bal, le bal des fous, le bal des intégristes. À la ville, à Tombouctou, il y a aussi des hommes armés et leurs cibles sont des gazelles humaines aux jolies formes, objets de leur concupiscence. Parfois elles ont la langue bien pendue, moins soumises qu’elles ne le devraient et, malgré la peur, elles osent tourner en dérision ces mâles conquérants. Il faut dire que ce n’est guère compliqué de se moquer de ces djihadistes autoproclamés et de leurs avalanches de règles stupides qu’ils peinent à faire respecter et à respecter eux-mêmes. Le pompon, c’est quand ils demandent à une poissonnière de mettre des gants en laine pour vendre ses poissons ! Le ridicule ne tue pas, on finirait presque par le regretter…

C’est avec un regard mi amusé, mi agacé, puis choqué, qu’on suit les pérégrinations de ces fanatiques, leur gaucherie. Les habitants les font tourner en bourrique. Parfois on rit à gorge déployée, ils sont pathétiques. On en oublierait presque à quel point ils peuvent être dangereux. Il faut les voir sortir de la mosquée, bredouilles, après s’être fait rappeler à l’ordre comme de mauvais garnements qui n’ont pas enlevé leurs chaussures ! « Dans la maison de Dieu, celui qui se consacre à la religion le fait avec sa tête et non avec les armes. »

De l’Islam, ces ignares ne connaissent ni la clémence, ni le pardon, ni la pitié. Ils ont transformé ce qui était un outil de paix en instrument de guerre pour asseoir leur domination sur tout un peuple. Un peuple qui n’a pour tout bouclier qu’une frêle lueur d’espoir contre l’obscurantisme, contre la violence brute et partiale, contre l’injustice que rendent ses tribunaux. C’est peu et pourtant… C’est sur cet espoir, si mince soit-il, que croît peu à peu le courage individuel, ferment d’un courage collectif à reconquérir. C’est cet espoir qui permet nombre d’actes forts et beaux comme une évidence, qui vous tirent parfois les larmes, vous bouleversent. Les destinées de cette humanité souffrante et résistante se croisent. Celle de cette femme vaudou qui s’est réfugiée dans une forme apparente de folie. Celle du pêcheur aux gestes larges. Celle de Kidane, de sa famille qui vivent non loin de là au cœur des dunes. Celle de leur vache nommée GPS, symbole d’une technologie qui n’arrive pas jusque-là… C’est une parabole des temps modernes, entre fable poétique et constat terrible. C’est beau, très beau, d’une beauté jamais gratuite. La splendeur des images sert toujours le propos, le rend plus poignant, mais l’allège également quand il reflète une réalité trop cruelle. Et la deuxième arme de Sissako, c’est l’humour – il fallait l’oser ! – jamais lourd, qui permet de reprendre sa respiration.

C’est un film profondément subtil, politique, humaniste. Une ode magnifiquement inspirée à la résistance, au courage des hommes, à celui des femmes surtout, qui ne font décidément pas partie des dominants…

CGR Eldorado : mardi 14h - lundi 16h - jeudi, samedi, lundi 18h - mercredi, vendredi, mardi 20h30




Whiplash
WHIPLASHRéalisé par Damien CHAZELLE
USA - 2014 - 1h45 - VOSTF
avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser...
Grand Prix et Prix du Public, Festivals de Sundance et du Cinéma américain de Deauville


« Avec Whiplash, je voulais réaliser un film qui ressemble à un polar à suspense – un film dans lequel les instruments de musique remplacent les armes à feu et où l’action se déroule dans une salle de répétition ou sur une scène de concert – et je voulais filmer chaque concert comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, une course-poursuite ou disons un braquage de banque. » Damien Chazelle

Un deux, un deux trois quatre… C'est l'histoire d'un jeune type têtu qui s'entête à tenir le tempo en tapant sur ses toms, un mec qui cogne en cadence et claque ses coups crescendo, de saccades en syncopes, grosse caisse, caisse claire. C'est un film sur l'effort forcené d'un féru pour affûter la finesse de ses frappes sur les fûts, la répétition des roulements, la précision de leur déroulement, du plus lent au plus rapide et du plus rapide au plus lent. Et c'est au rythme trépidant d'un récit mené tambour battant que se bâtit l'itinéraire de ce débutant se battant pour abattre les obstacles l'empêchant d'être un batteur épatant.

Andrew est un apprenti batteur qui trime plus qu'il ne frime, passant souvent ses soirées en solitaire, perfectionnant son swing dans le sous-sol insonorisé du prestigieux conservatoire de jazz où il vient d'être accepté. Sans compromis ni demi-mesure, il a l'ambition démesurée de se mesurer aux meilleurs. Il s'acharne et s'accroche, s'échine sur des noires, croches, double-croches, répétant ses enchaînements jusqu'à en chasser la moindre anicroche. Et c'est justement lors de l'une de ces répétitions qu'il attire l'attention du professeur star de l'institution, celui pour lequel il a décidé son inscription mais face auquel il se laisse gagner par la tension, échouant de ce fait à cette première évaluation. À défaut d'avoir marqué des points, Andrew s'est tout de même fait remarquer, et quand le batteur de l'orchestre dudit professeur est débarqué, le voilà donc embarqué dans l'orchestre des cracks parmi les cracks, partagé entre la peur de craquer et l'espoir d'avoir enfin l'occasion de se démarquer. Sous la férule de Terence Fletcher, professeur féroce et terrifiant, fouillant au plus profond de ses fidèles la frénésie qui leur fera franchir leurs frontières physiques et psychiques, le néophyte Andrew devra faire fi de la fatigue et de la souffrance pour intensifier ses frappes et affiner son jeu. Car s'il découvre l'excitation et l'exaltation de s'exercer au sein d'un orchestre d'exception, il explore aussi les excès et les vexations exigés par la recherche exacerbée de l'excellence. Fletcher le pousse jusqu'à l'impasse, le tire jusqu'à la rupture, passant comme dans un tour de passe-passe de la confiance aux pires injures. Il est le maestro qui donne le la, Andrew le disciple cloué au sol. Mais l'envie de l'élève est si vive de devenir virtuose que les énervements et les revirements avivent sa volonté plutôt que de l'en dévier. Les regards désapprobateurs deviendront son moteur, Andrew vise comme bonheur d'être un grand batteur, à la bonne heure, il fera ce qu'il faut pour être à la hauteur.

Whiplash est un film qui file vite et frappe fort, une chronique unique des accrocs iniques entre un jeune loup ambitieux et un vieil ours odieux – les deux acteurs, le débutant comme le plus vieux, sont fabuleux. Il relate à un rythme haletant la réalité d'une relation complexe et extrême, accordant ses caméras à la cadence infernale d'un solo de batterie, sans temps mort ni répit, jusqu'au final en point d'orgue résonnant comme un énorme coup de cymbale après un morceau particulièrement enlevé et exceptionnel… whi… PLASH !

CGR Eldorado : mardi 14h - dimanche 16h -  vendredi 18h - samedi, mardi 20h30




Le Chant de la Mer
Le Chant de la MerRéalisé par Tomm MOORE
2014
avec David Rawle, Fionnula Flanagan, Brendan Gleeson...

C'est quoi, une « selkie » ?... Une variante de la sirène, ­mi-femme, mi-... phoque. A partir de cette étrange créature du folklore celtique, l'Irlandais Tomm Moore a imaginé un conte animé tout brillant d'embruns, tout couvert de magie moussue et de sentiments doux. Au commencement, il y a un phare, perché au bord d'un océan bleu nuit, plein de volutes et d'entrelacs. C'est le foyer de Ben et de sa petite soeur Maïna, dont la maman a mystérieusement disparu. Qu'est-elle devenue ? Et que va devenir Maïna, cette gamine mutique à la bouille ronde de lutin ? Recueillis en ville par leur grand-mère, les deux enfants s'échappent et se lancent dans une aventure peuplée de farfadets cocasses et de génies chevelus. Leur mission : réveiller la magie du monde, depuis longtemps figée par une vieille sorcière, sorte de version gaëlique de la Yubaba du Voyage de Chihiro, de Miyazaki.

De ce personnage ambigu, truculent, à l'évocation d'une nature hantée par le merveilleux, l'influence du maître japonais est partout. Mais, depuis son premier film,Brendan et le ­secret de Kells, Tomm Moore s'est aussi ciselé un style bien à lui, personnages cartoonesques découpés sur des décors peints, d'une beauté d'enluminure médiévale. Le trait joue avec les motifs traditionnels celtiques et les textures semblent palpables : mer de velours, champs d'or et de laine, pierres grenues et patinées par le temps... C'est un film qui se caresse du regard, avec d'autant plus de tendresse qu'il évoque des sujets plus graves qu'il n'y paraît : le deuil, le manque, la rivalité et l'amour fraternels. Un bijou celtique mais universel.

CGR Eldorado : mercredi, vendredi, samedi 14h - mercredi 16h




Panique chez les jouets
Panique chez les jouetsFilm d'animation réalisé par Joël Simon, Bruno Collet, Vincent Patar et Stéphane Aubier
France / Belgique - 2014 - 43mn
avec Joel Simon, Bruno Collet, Vincent Patar...

Panique chez les jouets est clairement à part. S’adresse-t-il vraiment au jeune public ? Sans doute, mais il y a fort à parier que les adultes y prendront autant, voire plus, de plaisir. Notamment face àLa Bûche de Noël, servi en dessert du programme, le nouveau délire de Patar et Aubier, créateurs des mythiques PicPic André, qui reprennent les personnages de leur long Panique au village pour trente minutes de conte de Noël parfumé à la bière belge.

On y retrouve cette alliance démente entre minimalisme et littéralité (les trois personnages principaux, Cowboy, Indien et Cheval, sont des figurines de… cowboy, d’indien et de cheval) autorisant ensuite toutes les élucubrations – comme tenter de récupérer la dernière bûche du supermarché, achetée par le fermier Steven, grand numéro vocal d’un Poelvoorde braillard et hilarant, ou organiser une soirée techno avec la police et le garde-barrière. DepuisPanique au village, l’animation des personnages a gagné en souplesse, l’hystérie est moins systématique et le scénario, plutôt bien charpenté. L’air de rien, ce petit film est un des trucs les plus barrés et réjouissants qu’on ait vu cette saison, et on se réjouit de sa sortie en salles.

CGR Eldorado : jeudi, samedi, dimanche 14h et 15 h - mercredi 16h et 17 h




108 Rois-Démons
108 Rois-DémonsFilm d'animation réalisé par Ira SACHS
France / Belgique / Luxembourg - 2015 - 1h44mn
avec Sylvain Mounier, Melissa Cornu, Hugues Hausman...

Aidé par Zhang-le-Parfait, le jeune prince Duan doit fuir son royaume pour avoir une chance de faire rétablir l'ordre après l'assassinat de son père.
Sur leur route, le maitre et le disciple vont croiser les Rois-Démons qui terrorisent le pays.

Cette histoire peu connue chez nous est intéressante et même si les blagues ne fonctionnent pas toutes, et que parfois on ne sait plus trop si c'est plutôt destiné à un public adulte ou plus jeune, il y a beaucoup d'humour.
D'ailleurs on ne peut s'empêcher de trouver un petit côté Astérix et ses irréductibles gaulois, avec en plus un homme qui essaye d'attraper les 108 Rois-Démons qui est très maladroit. Et leur potion magique, c'est tout simplement la peur qu'ils suscitent autour d'eux.

Adapté d'un classique de la littérature chinoise, le film les 108 Rois-Démons, nous captive surtout par son esthétique inédite. Pascal Morelli a fait le choix très original de mélanger des acteurs en prise de vue réel dont seul la tête a été remplacé par de l'animation 3D classique. A cela s'ajoute des décors dont le fond est en peinture et une photographie très réaliste.

108-Rois-Demons-Photo-03Visuellement, le challenge d'avoir fait un film d'animation unique est réussi avec cette esthétique presque troublante par son réalisme.
Ce qui peut d'ailleurs être un défaut, car tout le long du film les 108 Rois-Démons on se pose la question de ce qui est réel et de ce qui ne l'est pas.

CGR Eldorado : mercredi, jeudi, vendredi, dimanche 14h



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