Le programme du 7 au 13 janvier 2015

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Bonjour à tous !

L'année commence sous les meilleurs auspices avec une belle semaine de cinéma à venir!
Un film policier "Valentin, Valentin" de Pascal Thomas, qui a l'air de valoir le déplacement, et surtout le film israélien que nous attendions avec impatience, "Le procès de Viviane Ansalmen", qui semble être un chef d'oeuvre d'humour et d'absurde...
Et toujours à l'affiche, l'excellent et tendu "A Most Violent Year", à ne pas manquer, et "Les Héritiers" pour ceux qui ne l'ont toujours pas vu !
Par ailleurs, nous sommes toujours preneurs de suggestions pour le cycle "Europe du Nord", sur lequel nous devons nous pencher. Et pour ceux qui le souhaitent, la réunion de ce mardi (le 6) à 18h chez Édith, pour la préparation du mini-festival "Polar".
Vous pouvez aussi visiter le site Entretoiles (http://entretoiles.e-monsite.com) ou vous rendre sur la page Facebook (http://www.facebook.com/entretoiles) et cliquer sur "J'aime" pour vous y abonner.
Enfin, petite nouveauté, vous pouvez visionner la bande-annonce d'un film en cliquant sur l'affiche !
Et puis...
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PROGRAMMATION DU 7 AU 13 JANVIER 2015

Le procès de Viviane Amsalem
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
Le procès de Viviane Amsalem
Réalisé et réalisé par Ronit et Shlomi ELKABETZ
Israël - 2014 - 1h55mn - VOSTF
avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian, Menashe Noy, Sasson Gabay...
Viviane est d'une beauté hiératique, sobre, digne. Viviane, c'est Ronit Elkabetz au sommet de son art et de son charisme. Elle n'a pas besoin de montrer ses jambes pour être sensuelle et divine. Tant mieux, la société dans laquelle elle vit ne le lui permettrait pas, pas plus qu'elle ne lui permet de laisser libres ses cheveux. Mais peu lui importe, elle semble planer loin au dessus de toutes ces choses et si elle se présente devant un tribunal rabbinique, c'est après en avoir bien pesé les conséquences, et après avoir ramassé tout son courage. Il en faut pour affronter la partie de pingpong ubuesque qui l'attend. La procédure de son divorce – qu'elle a entamée, au moment où débute le film, voici déjà trois ans ! – va jouer les prolongations et glisser peu-à-peu vers une tragicomédie autant hilarante qu'affligeante... lire la suite
CGR Eldorado : dimanche à 16h45 - mercredi, lundi à 16h - samedi à 18h - jeudi, mardi à 20h30
Valentin Valentin
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Valentin Valentin
Réalisé par Pascal THOMAS
France - 2015 - 1h46mn
avec Marilou Berry , Alexandra Stewart , François Morel...
Le vétéran Pascal Thomas signe une comédie noire d’une fraîcheur absolue, portée par un casting irrésistible. Dans ce « fenêtres sur cour » qui se déroule dans un petit immeuble parisien, tout un monde hétéroclite gravite, s’aime, s’observe sans toujours se voir. C’est là que vit Valentin, jeune homme mélancolique, charmant, partagé entre sa maîtresse au tempérament insatiable, les trois jeunes filles du cinquième étage qui tournent autour de lui, une gardienne démonstrative et une belle chinoise dont la présence dans la maison d’en-face l’intrigue et le fait rêver. A quoi pense-t-il ? Que dissimule-t-il ? Que cherche-t-il ? Valentin invite tous ses voisins à sa pendaison de crémaillère, sans se douter qu’il déclenche ainsi une spirale de violences.... lire la suite
CGR Eldorado : tous les jours à 14h00 - mercredi, dimanche, lundi à 16h15 - vendredi, samedi, mardi à 18h - mercredi, dimanche, lundi à 18h15 - tous les jours sauf dimanche à 20h30
A Most Violent Year
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A Most Violent Year
Réalisé par J. C. CHANDOR
USA - 2014 - 2h05mn
avec Oscar Isaac , Jessica Chastain , David Oyelowo...
New York City, 1981. Abel est un homme d’affaires immigré qui a des envies de rêve américain. Il tente de se faire une place dans le business du pétrole en voulant racheter une raffinerie idéalement située. Il se heurte bientôt au climat hostile de l’année la plus violente que le pays ait connu, ainsi qu’un entourage qui désire entraver sa réussite...
Remarqué avec son premier film au casting impressionnant, nouvelle variation du monde impitoyable de la finance (Margin Call), J. C. Chandor a ensuite balancé Robert Redford seul sur un bateau au milieu d’un océan pas toujours très accueillant dans le survival All is Lost avec à nouveau un bel enthousiasme critique et public. Son troisième film se devait donc être celui de la confirmation
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CGR Eldorado : mercredi, lundi à 13h45 - jeudi, samedi, mardi 14h - jeudi, vendredi, mardi 18h - mercredi, dimanche, lundi 18h15 - samedi 20h15 - mercredi, vendredi, dimanche, lundi 20h30
Les Héritiers
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Les Héritiers
Réalisé par Marie-Castille MENTION-SCHAAR
France - 2014 - 1h45mn
avec Ariane Ascaride, Ahmed Drame, Noémie Merlant...
Un film, inspiré d’une histoire vraie, avec une force documentaire incroyable. Alors que la réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar nous avait laissé un goût amer avec son précédent film "Bowling" (comédie ratée avec Catherine Frot), les a priori sur son nouveau long métrage étaient fortement orientés vers le catastrophisme surtout avec un sujet portant sur l’école, c’est-à-dire loin d’être des plus originaux… Force est de constater qu’il faut toujours laisser ses préjugés aux vestiaires tant ce film est un petit miracle... lire la suite
CGR Eldorado : vendredi 14h - jeudi 18h - dimanche 20h30



Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Le procès de Viviane Amsalem
LE PROCÈS DE VIVIANE AMSALEMRéalisé et réalisé par Ronit et Shlomi ELKABETZ
Israël - 2014 - 1h55mn - VOSTF
avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian, Menashe Noy, Sasson Gabay...

Viviane est d'une beauté hiératique, sobre, digne. Viviane, c'est Ronit Elkabetz au sommet de son art et de son charisme. Elle n'a pas besoin de montrer ses jambes pour être sensuelle et divine. Tant mieux, la société dans laquelle elle vit ne le lui permettrait pas, pas plus qu'elle ne lui permet de laisser libres ses cheveux. Mais peu lui importe, elle semble planer loin au dessus de toutes ces choses et si elle se présente devant un tribunal rabbinique, c'est après en avoir bien pesé les conséquences, et après avoir ramassé tout son courage. Il en faut pour affronter la partie de pingpong ubuesque qui l'attend. La procédure de son divorce – qu'elle a entamée, au moment où débute le film, voici déjà trois ans ! – va jouer les prolongations et glisser peu-à-peu vers une tragicomédie autant hilarante qu'affligeante.

Quelle idée aussi, me direz-vous, d'aller divorcer devant un trio de rabbins ! C'est qu'elle n'a pas le choix, pas plus que les autres citoyennes d'Israël : toute communauté confondue, qu'elles soient croyantes ou laïques, le protocole est le même. Devant un tribunal religieux la femme vient demander le gett (sa libération) au mari. Un divorce que lui seul peut accorder. Et si ce taquin refuse ? Devinez quoi… Tout reste en l'état. Sachant que la femme non divorcée ne peut pas reconstruire de vie affective sous peine d'être mise au ban de la société et de voir ses futurs enfants considérés comme mamzer (bâtards), sans aucune reconnaissance ni protection juridique. Quant au mari, ne vous inquiétez pas pour le pauvre biquet : tant qu'il continue de pourvoir aux besoins matériels de son foyer, il peut mener sa vie comme bon lui semble et pondre des bambins qui seront reconnus, ceux-là. On imagine vite ce que ça peut produire comme excès quand ces messieurs sont un brin de mauvaise foi et rancuniers. Ils peuvent laisser poireauter leurs femmes dans les couloirs de cette petite mort sociale. Cela peut durer des années…

Dans le cas de Viviane et de son mari Elisha, ce devrait n'être qu'une formalité. Devant le tribunal, Viviane ni ne critique ni n'accable, elle demande juste à ses juges d'entériner la fin d'une relation alors même qu'elle ne vit plus depuis des mois avec celui qui fut son homme, son mari, le père de ses enfants. Il suffit d'un minimum d'observation et de sens commun pour se plier à l'évidence que plus rien ne réunit ces deux-là. Ils ne se touchent plus, n'ont aucune admiration, ni compassion l'un pour l'autre. Si un sentiment persiste entre eux, il s'apparente plus à de la lassitude qu'à de l'affection. Elisha, devant les trois juges, la décrit comme une mauvaise épouse, n'ayant pas de reconnaissance envers tout ce qu'il a fait pour elle, une hystérique. Ce n'est pas qu'Elisha tienne tellement à son épouse, mais elle fait partie de son karma, une plaie envoyée par Dieu pour le mettre à l'épreuve. Alors non ! Il n'accepte pas le divorce et boira le calice jusqu'à la lie, courageusement, pour plaire à Dieu. Ridicule ? Voilà nos bons petits juges tout émus et solidaires avec Dieu (ce dernier serait-il également un homme ?) et ils voient en Elisha l'incarnation du mari parfait. Ils grondent Viviane, lui intimant de faire des efforts pour sauver son foyer. Chacun repart dans ses pénates, devant l'avocat de Viviane médusé (il fallait bien un homme pour la défendre).

Et les mois passent… De convocations en convocations, de non arguments en arguments oiseux, l'affaire est bien partie pour durer comme une mauvaise farce du fait de l'inflexible Elisha. C'est une vaine bataille où tout le monde finira par mettre son grain de sel : tour-à-tour les amis, les voisins, la famille seront convoqués pour témoigner, et le huis-clos du tribunal devient le théâtre d'une incroyable comédie humaine, presque pittoresque et formidablement enlevée. Une comédie humaine qui se transforme en métaphore de la condition des femmes partout dans le monde où elles sont un peu moins égales que les hommes. De cette situation insupportable, le duo de réalisateurs aurait pu décider de faire un drame triste et pesant à faire pleurer les pierres, ils ont pris au contraire le parti de la stylisation narrative – toute l'action se déroule au tribunal, au fil des audiences successives, ça crée une distance, un recul particulièrement forts – et de l'humour absurde, persuadés à juste titre que le rire est l'arme la plus efficace contre le désespoir.

CGR Eldorado : dimanche à 16h45 - mercredi, lundi à 16h - samedi à 18h - jeudi, mardi à 20h30




Valentin Valentin
Réalisé par Pascal THOMAS
France - 2015 - 1h46mn
avec Marilou Berry , Alexandra Stewart , François Morel...

Le vétéran Pascal Thomas signe une comédie noire d’une fraîcheur absolue, portée par un casting irrésistible qui tournoie autour de la figure apaisée jouée avec charisme par Vincent Rottiers (Les diables,Je suis heureux que ma mère soit vivante).

L’argument : Dans ce « fenêtres sur cour » qui se déroule dans un petit immeuble parisien, tout un monde hétéroclite gravite, s’aime, s’observe sans toujours se voir. C’est là que vit Valentin, jeune homme mélancolique, charmant, partagé entre sa maîtresse au tempérament insatiable, les trois jeunes filles du cinquième étage qui tournent autour de lui, une gardienne démonstrative et une belle chinoise dont la présence dans la maison d’en-face l’intrigue et le fait rêver. A quoi pense-t-il ? Que dissimule-t-il ? Que cherche-t-il ? Valentin invite tous ses voisins à sa pendaison de crémaillère, sans se douter qu’il déclenche ainsi une spirale de violences...

Notre avis : On ne présente plus Pascal Thomas dont le travail dans la comédie nous enchante depuis près de 40 ans (Les Zozos, Pleure pas la bouche pleine, Les maris, les femmes, les amants, La Dilettante, Mercredi... folle journée !). Devenu un expert de la comédie noire adaptée de classiques britanniques (Mon petit doigt m’a dit, L’heure zéro, Le crime est notre affaire) dans les années 2000, il poursuit avec un bonheur certain dans cette voie avec Valentin Valentin, introspection cocasse des mœurs d’un immeuble qui semble tourner autour de la figure solaire d’un jeune homme irrésistible, Valentin. Tout le monde semble tomber sous son charme, femmes mariées, bourgeoise ou prolétaire, étudiantes BGBG et même esclave asiatique, fantasme de la femme oppressée que le preux chevalier devra essayer d’extirper au joug de ses bourreaux, au risque de perdre la vie, comme le suggère la scène d’ouverture qui démarre sur la découverte d’un cadavre dans un parc.

Dans cette adaptation du roman de Ruth Rendell, La maison du lys tigré, l’on multiplie les personnages hauts en couleur, mère superficielle et absente incarnée par Arielle Domballe au sommet de son art décalé, Marie Gillain en nymphomane étouffante, une vieille voisine alcoolique murée dans son appartement (Géraldine Chaplin), François Morel en voyeur pédophile qui aime un peu trop les adolescentes, Christine Citti en force de la nature un peu vulgaire dans un rôle de ménagère frustrée mais ardente que n’aurait pas renié Clémentine Célarié 30 ans plus tôt. Sans oublier les colocataires étudiantes, sortes de Parques juvéniles (Agathe Bonitzer, Marilou Berry et Victoria Lafaurie) qui s’agitent aussi beaucoup avec trois personnalités différentes qui vont enrichir ce microcosme de voisinage qui rend in fine le personnage éponyme de Valentin forcément plus fade. Une fadeur inoculée par un prénom, en réaction à une mère castratrice, mais que l’on ne doit nullement reprocher à son jeune interprète, Vincent Rottiers, acteur féroce (Les diables, Je suis heureux que ma mère soit vivante), toujours très juste de ton, qui a su faire montre dans le passé d’une intensité dramatique rare ; le jeune homme rayonne ici d’un charisme qui déclenche les drames humains, les émois amoureux et sexuels, sans qu’il ne cherche à provoquer tous ces remous autour de lui.

Empruntant au whodunit, au suspense Hitchcockien (on pense à Fenêtre sur cour), à la comédie romantique bobo, voire rohmérienne, et même le temps d’une scène à la comédie musicale, Valentin Valentin synthétise tout le savoir-faire d’un auteur qui maîtrise tous les codes du cinéma d’auteur qu’il transcende avec fraîcheur et jubilation.

CGR Eldorado : tous les jours à 14h00 - mercredi, dimanche, lundi à 16h15 - vendredi, samedi, mardi à 18h - mercredi, dimanche, lundi à 18h15 - tous les jours sauf dimanche à 20h30




A Most Violent Year
© StudioCanalRéalisé par J. C. CHANDOR
USA - 2014 - 2h05mn
avec Oscar Isaac , Jessica Chastain , David Oyelowo...

New York City, 1981. Abel est un homme d’affaires immigré qui a des envies de rêve américain. Il tente de se faire une place dans le business du pétrole en voulant racheter une raffinerie idéalement située. Il se heurte bientôt au climat hostile de l’année la plus violente que le pays ait connu, ainsi qu’un entourage qui désire entraver sa réussite…

Remarqué avec son premier film au casting impressionnant, nouvelle variation du monde impitoyable de la finance (Margin Call), J. C. Chandor a ensuite balancé Robert Redford seul sur un bateau au milieu d’un océan pas toujours très accueillant dans le survival All is Lost avec à nouveau un bel enthousiasme critique et public. Son troisième film se devait donc être celui de la confirmation, celui qui devait faire taire les plus sceptiques ou les détracteurs qui craignaient que l’aspect financier prenne le pas sur le film noir. Car, avec un casting pareil et le contexte dans lequel se situe le pitch, on était assez excité.

Autant le dire tout de suite : ceux qui s’attendaient à un polar élégant et haletant qui voit le héros renoncer à ses valeurs morales pour protéger ceux qu’il aime car touchés par cette violence extérieure seront probablement déçus.

Élégant, A Most Violent Year l’est pendant les 2h de métrage : la photographie jaunie nous plonge délicieusement à nouveau dans cette époque seventies et la mise en scène de J. C. Chandor se révèle assez remarquable avec ses cadrages précis et l’utilisation d’une musique discrète qui surgit dans les moments de tension dramatique. Haletant, il le devient également lors de quelques fulgurances et deux séquences notamment de course-poursuite d’une très grande maîtrise. On regrettera que ce genre de scènes ne soit pas plus nombreuses mais c’est surtout le tempo général qui pourra en rebuter certains.

Pour tous les autres qui connaissent le bonhomme, ils ne seront pas surpris d’apprendre que l’intérêt est ailleurs. En plus de s’appuyer sur une interprétation assez magistrale, le film a pour lui un scénario écrit avec une grande intelligence qui brasse des thèmes et soulève des questions assez virulentes. L’envie de réussite d’Abel entraîne la jalousie, donc bien des obstacles à surmonter. Il est amusant de constater comme ce personnage est un anti-héros des films noirs traditionnels, avec ses valeurs morales très solides et son entêtement à vouloir faire rimer réussite avec honnêteté sans céder aux facilités du côté obscur du milieu qu’il veut percer. Tout le contraire de Tony Montana par exemple.
A ce propos, la performance de Oscar Isaac (Inside Llewyn Davis) est impressionnante tant il est habité par son personnage. Physiquement, il porte des costumes et des cabans qu’il a sans doute volé au Robert de Niro de Casino ou des Affranchis. On imagine parfois volontiers ce dernier lorsqu’il sort de chez le coiffeur, engueule sa femme ou donne une leçon de morale à un de ses employés.

Sa femme, c’est Jessica Chastain (Interstellar) . Il se dit qu’ils étaient tous deux élèves de la même école de théâtre et n’avaient jamais eu l’occasion de tourner ensemble. C’est désormais chose faite et le plaisir qu’il prennent à se donner la réplique est communicatif. Une fois de plus toutefois, il est dommage que certains de leurs face-à-face n’aillent pas plus loin et surtout se montrent assez rares, car on en redemanderait bien volontiers.

Bien sûr, la violence va jouer un rôle prépondérant dans le développement de l’intrigue, mais jamais vraiment s’immiscer dans la vie privée d’Abel. Elle fait plutôt office de parasite, de gêne occasionnée qu’il va falloir contourner avec toute la patience, la froideur et la rigueur du personnage principal.

Au final, A Most Violent Year porte assez mal son titre : nous sommes volontairement placés en retrait, comme protégés de la criminalité qui sévit dans la ville (tout juste quelques messages radio dans une voiture, qui nous rappellent la tension qu’il doit y avoir là-bas) pour mieux cogiter sur une question : comment devient-on chef d’entreprise ? Donc comment obtenir du pouvoir, de quelle manière l’obtenir ? En recherchant ce statut d’homme de pouvoir, Abel sera même tenté de céder à la facilité…

Il faut savoir à peu près à quoi s’attendre avant d’aller voir A Most Violent Year tant J. C. Chandor semble déconstruire le genre du film noir pour mieux y injecter sa propre vision d’un modèle capitaliste sur lequel se serait construit l’Amérique. Si la toute dernière scène peut laisser perplexe, on a paradoxalement la sensation d’avoir assisté à un très bon moment de cinéma. Et à la confirmation d’un cinéaste.


CGR Eldorado : mercredi, lundi à 13h45 - jeudi, samedi, mardi 14h - jeudi, vendredi, mardi 18h - mercredi, dimanche, lundi 18h15 - samedi 20h15 - mercredi, vendredi, dimanche, lundi 20h30




Les Héritiers
Les HéritiersRéalisé par Marie-Castille MENTION-SCHAAR
France - 2014 - 1h45mn
avec Ariane Ascaride, Ahmed Drame, Noémie Merlant...

Un film, inspiré d’une histoire vraie, avec une force documentaire incroyable. Alors que la réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar nous avait laissé un goût amer avec son précédent film "Bowling" (comédie ratée avec Catherine Frot), il faut dire que les a priori sur son nouveau long métrage étaient fortement orientés vers le catastrophisme surtout avec un sujet portant sur l’école, c’est-à-dire loin d’être des plus originaux… Force est de constater qu’il faut toujours laisser ses préjugés aux vestiaires tant ce film est un petit miracle. Il vous cueille comme rarement une histoire, des comédiens et une mise en scène vous scotchent à votre fauteuil. Et pourtant point de navettes spatiales ni de tempêtes force 4, mais la simplicité et l’universalité d’un beau et vaste sujet : le travail de mémoire autour de la Shoah pour une classe de seconde qui ne brille pas par ses résultats.

Démarrant par une scène qui donne le ton – question insoluble autour du port du voile –, "Les Héritiers" s’imprègne du monde dans lequel il vit aujourd’hui, en 2014. Normal, il est inspiré de l’histoire vraie d’Ahmed Dramé, co-scénariste et acteur principal du film. La première partie du long métrage dresse un constat accablant sur l’éducation dans les classes difficiles où les jeunes sont en totale autarcie intellectuelle vis-à-vis de leurs professeurs et en représentation permanente pour un tant soit peu exister et s’affirmer dans un groupe. Le constat n’est pas nouveau et on pense énormément au film de fiction, palmé d’or en 2008, "Entre les murs". D’autant plus qu’il possède ses mêmes qualités : une mise en scène presque documentaire et immersive – on oublie complètement la caméra –, ainsi que des comédiens plus vrais que nature (étudiants comme professeurs).

Alors qu’on cherche encore à savoir où la réalisatrice veut nous emmener, le pivot du film arrive quand la prof principale (bouleversante Ariane Ascaride) invite ses élèves à pénétrer la Grande Histoire par la petite porte. Elle leur propose de participer à un concours national en travaillant, en plus de leur scolarité, sur le sujet des « enfants et adolescents dans le système concentrationnaire nazi ». À partir de là le film décolle et nous avec ! Les étudiants se retrouvent alors face à des portraits d’ado confrontés à l’horreur de la guerre, des ados d’une autre génération, mais des ados comme eux. L’identification est frontale et leur regard sur ce pan de l’Histoire (qui s’arrêtait pour eux à des pages d’un livre de collège ou à un film américain) change du tout au tout.

Les thèmes de la transmission et de l’héritage prennent tout leur sens dans le système éducatif si décrié. C’est également une belle leçon de partage où le travail collectif trouve son salut. La prof principale « élève » toujours vers le haut ses étudiants. Elle croit constamment en eux. Elle tient bon quand il faut les recadrer et leur ouvre de nouveaux horizons d’apprentissage. Ces derniers comprennent alors qu’ils sont les héritiers d’un savoir qu’ils devront eux-mêmes partager plus tard. Et la rencontre avec Léon Zyguel est, à ce stade, capitale. Dans une scène à la force documentaire incroyable, ce vieil homme, un vrai rescapé de la Shoah, témoigne face aux élèves. La caméra ne semble plus là, les élèves sont – réellement – médusés face à ce monsieur qui leur parle de sa vie à leur âge. Le spectateur a l’impression d’y être aussi et de partager avec eux ce moment d’émotion intense.

L’émotion ne quitte alors plus le spectateur, qui se prend d’affection pour cette classe cosmopolite du lycée Léon Blum : un homme politique français qui s’est opposé au régime de Vichy et a été déporté près d’un camp de concentration. C’est aussi cela "Les Héritiers", des portraits de jeunes qui pourraient se reconnaître en des « figures » de notre pays (Blum, Zyguel, mais aussi Simone Veil qui se déclarait « insolente au lycée » dans un reportage pour la télévision mais dont on connaît le parcours par la suite). En filigrane, Marie-Castille Mention-Schaar rappelle que l’échec n’est pas le résultat d’une fatalité et que le courage et le travail permettent d’accéder à la réussite. Ces jeunes lycéens en sont la preuve vivante : tous ont eu leur bac et la plupart avec mention !

CGR Eldorado : vendredi 14h - jeudi 18h - dimanche 20h30



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