Soirée "Adolescences" du 26 mars

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Bonjour à tous !

Petit rappel concernant  notre soirée Entretoiles ce soir sur le  thème : "Adolescences" avec 2 films, Jamais contente d’Émilie Deleuze, "un des films les plus jubilatoires jamais réalisés sur l'adolescence" et Les Géants de Bouli Lanners, "un formidable conte sur l'apprentissage". Et, cela va sans dire, l'apéritif Entretoiles entre les 2 films...
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Jamais contente
Réalisé par Emilie DELEUZE
France 2016 1h29mn
avec Léna Magnien, Patricka Mazuy, Philippe Duquesne, Catherine Hiegel, Alex Lutz...
Scénario de Marie Desplechin, Emilie Deleuze et Laurent Guyot, d'après le roman Le Journal d'Aurore de Marie Desplechin
« Mon père est atroce, ma mère est atroce, mes sœurs aussi, et moi je suis la pire de tous. En plus, je m’appelle Aurore. Les profs me haïssent, j’avais une copine mais j’en ai plus, et mes parents rêvent de m’expédier en pension pour se débarrasser de moi. Je pourrais me réfugier dans mon groupe de rock, si seulement ils ne voulaient pas m’obliger à chanter devant des gens. A ce point-là de détestation, on devrait me filer une médaille. Franchement, quelle fille de treize ans est aussi atrocement malheureuse que moi ? »... lire la suite
CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles, dimanche 26 à 18h
Affiche
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Les Géants
Réalisé par Bouli LANNERS
Belgique 2011 1h24mn
avec Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen, Paul Bartel, Karim Leklou, Didier Toupy, Gwen Berrou, Marthe Keller...
Scénario de Bouli Lanners et Elise Ancion
On attendait beaucoup de Bouli Lanners après son savoureux et singulier Eldorado d'il y a trois ans. On attendait beaucoup de ce digne représentant de cette « belgitude » qu'on aime tant, ce mélange de dérisoire et de poésie, de peinture scrupuleuse du quotidien et d'envolées surréalistes, cet esprit libertaire désabusé qui regarde en face le désespoir social mais qui explose dans un grand éclat de rire au bord du précipice. On attendait beaucoup et on est pas déçu, bien au contraire ! On retrouve cette singularité, cette liberté irréductible dans Les Géants, magnifiées par une mise en scène surprenante de beauté irréelle... lire la suite
CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles, dimanche 26 à 20h30

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

Jamais contente
Réalisé par Emilie DELEUZE
France 2016 1h29mn
avec Léna Magnien, Patricka Mazuy, Philippe Duquesne, Catherine Hiegel, Alex Lutz...
Scénario de Marie Desplechin, Emilie Deleuze et Laurent Guyot, d'après le roman Le Journal d'Aurore de Marie Desplechin

« Mon père est atroce, ma mère est atroce, mes sœurs aussi, et moi je suis la pire de tous. En plus, je m’appelle Aurore. Les profs me haïssent, j’avais une copine mais j’en ai plus, et mes parents rêvent de m’expédier en pension pour se débarrasser de moi. Je pourrais me réfugier dans mon groupe de rock, si seulement ils ne voulaient pas m’obliger à chanter devant des gens. A ce point-là de détestation, on devrait me filer une médaille. Franchement, quelle fille de treize ans est aussi atrocement malheureuse que moi ? » (Aurore, l'héroïne de Jamais contente)

Enfin ! Vous qui désespérez de comprendre l'adolescent ou – exercice tout aussi malaisé – le préadolescent, cet être étrange au regard parfois / souvent (rayez la mention inutile) absent, qui vous toise comme si vous étiez une amibe, avec qui la communication est aussi facile que celle des papous avec les premiers explorateurs australiens, vous tous, mes sœurs, mes frères, réjouissez vous ! Voilà une joyeuse comédie caustique et intelligente que vous pourrez partager avec vos ados préférés et qui vous permettra d'entamer ou de renouer un semblant de dialogue. Il va sans dire que vous pouvez tout à fait la voir seulement entre adultes consentants, histoire de commencer à entrevoir un mode d'emploi…

Celle qui n'est jamais contente, c'est Aurore, une jeune Parisienne d'un milieu et d'une famille ordinaires, une petite nana pas forcément super brillante (elle redouble sa cinquième), pas particulièrement canon et populaire sans du tout être moche et souffre-douleur, une jeune fille de 13 ans qui a justement l'impression qu'elle est invisible, qu'elle est négligée par ses parents (alors que sa petite sœur, bonne élève, est selon elle la chouchoute), méprisée par ses professeurs… Et c'est parti pour une nouvelle rentrée dont elle sait déjà « qu'elle sera pourrie ». Une vraie petite teigne à la langue bien pendue, qui sait dire à son tout nouveau prof de français – qu'il faut bien un peu bizuter – que la Princesse de Clèves, ça ne tient pas debout. Qui n'a pas forcément l'intention de sortir de nouveau cette année avec le gentil grand dadais de l'année passée qui pourtant la relance (« déjà c'était fatigant de t'aimer tous les jours » lui dit-elle cruellement). Elle peut d'autant plus se permettre de faire la fine bouche qu'elle va être abordée par des lycéens d'au moins quinze ans qui lui proposent de devenir la chanteuse de leur groupe de rock naissant…

Jamais contente est l'adaptation maline et enlevée de la trilogie à succès de Marie Desplechin (la sœur d'Arnaud), Le Journal d'Aurore. Le portrait d'une jeune fille des classes moyennes, loin des clichés et des explications toutes faites. Une jeune fille qui vit à une porte de Paris avec des parents (savoureux Patricia Mazuy et Philippe Duquesne) qui sont tout sauf horribles, compréhensifs et ouverts tout au contraire, même s'il leur arrive forcément d'être exaspérés par la tornade de contradictions qu'ils ont engendrée. Le charme contagieux de ce film épatant tient autant à sa justesse de ton, à sa galerie de personnages tous parfaitement croqués (excellent Alex Lutz dans le rôle du prof de français réveilleur de cancres) qu'à la gouaille incroyable de sa jeune actrice Léna Magnien, une vraie révélation. En secouant bien ce cocktail, Emilie Deleuze réussit un des films les plus jubilatoires jamais réalisés sur l'adolescence.

CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles, dimanche 26 à 18h


Les Géants
Réalisé par Bouli LANNERS
Belgique 2011 1h24mn
avec Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen, Paul Bartel, Karim Leklou, Didier Toupy, Gwen Berrou, Marthe Keller...
Scénario de Bouli Lanners et Elise Ancion

On attendait beaucoup de Bouli Lanners après son savoureux et singulier Eldorado d'il y a trois ans. On attendait beaucoup de ce digne représentant de cette « belgitude » qu'on aime tant, ce mélange de dérisoire et de poésie, de peinture scrupuleuse du quotidien et d'envolées surréalistes, cet esprit libertaire désabusé qui regarde en face le désespoir social mais qui explose dans un grand éclat de rire au bord du précipice. On attendait beaucoup et on est pas déçu, bien au contraire ! On retrouve cette singularité, cette liberté irréductible dans Les Géants, magnifiées par une mise en scène surprenante de beauté irréelle.

Nous sommes dans un endroit indéterminé aux confins forestiers et vallonnés du plat pays, probablement quelque part entre les Ardennes belges et le Luxembourg. Un endroit sombre et majestueux où ne règne pas forcément la prospérité et l’harmonie sociale, on peut même dire que le coin est peuplé d’affreux bouseux wallons à moitié dégénérés, vivant entre casses de voitures, maisons abandonnées et forêts primaires. Une sorte de version belge de l’atmosphère du Delivrance de John Boorman qui se situait dans le Sud profond américain des années 70. Au milieu de tout ça, deux frères à peine adolescents, Zak et Seth, tentent de survivre dans la maison de leurs grands-parents disparus : ils sont livrés à eux-mêmes, avec le strict minimum pour passer l’été, abandonnés semble-t-il par une mère négligente, qu’ils tentent désespérément de joindre au téléphone. Ils sont rejoints par Dany, un autre ado, persécuté par un grand-frère ultra-violent à qui il semble manquer quelques neurones… Et, assez naturellement, ils font tout et n’importe quoi : des virées dans la guimbarde du grand père alors qu’ils sont loin d’avoir l’âge du permis, des nuits passées dans une cabane sur pilotis branlante menaçant de s’effondrer dans la rivière, boire beaucoup, fumer de l’herbe qui fait rêver et parler de sexe sans vraiment l’avoir pratiqué. En quelque sorte ça pourrait être une version moderne et gentiment trash des Quatre cents coups.
Les choses se compliquent un peu quand ils décident, pour se faire un peu d'argent, de louer la maison familiale au trafiquant local de drogue, un gars du genre qui ne rigole pas et qui projette d'y installer sa production…

Les Géants est un formidable conte sur l’apprentissage de la vie, dans des conditions certes un peu limite, un vrai conte avec tout ce qu'il faut pour se laisser embarquer : sa forêt inquiétante, son ogre, sa gentille fée (incarnée par la toujours magnifique Marthe Keller), sa rivière qui est le chemin vers l’espoir… Mais avec aussi la découverte de la faim, de la peur, et d’une certaine forme d’héroïsme face à l’adversité. Parsemé de dialogues décalés et hilarants, d'échappées surréalistes, de personnages de freaks (le trafiquant de drogue et sa fiancée ne sont vraiment pas piqués des hannetons !) aussi effrayants qu’attachants, Les Géants, porté par des comédiens adolescents assez stupéfiants, est surtout merveilleusement poétique, autant par les images qui magnifient la forêt – certains plans font penser à la beauté sépulcrale des tableaux romantiques allemands – que par des scènes d’une douceur infinie, comme celle où nos Pieds Nickelés sont recueillis par une bonne dame et sa fille trisomique, deux fées surgies du chaos, et plongés soudainement dans la chaleur bienheureuse d’un foyer accueillant.

 CGR (Draguignan) : Soirée Entretoiles, dimanche 26 à 20h30

 
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