Soirée Entretoiles du 10 septembre

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Bonjour à tous !

Un petit rappel de la 1ère soirée Entretoiles de l'année, ce dimanche 10 septembre, sur le thème"films noirs" avec "Le Caire confidentiel" de Tarek Saleh, film policier passionnant qui joue et gagne sur plusieurs tableaux, et "KO" de Fabrice Gobert, film noir, romanesque fantastique et efficace en diable.

Et bien sûr, l'apéritif Entretoiles entre les 2 films !

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LE CAIRE CONFIDENTIEL
Écrit et réalisé par Tarek SALEH
Egypte/Suède 2016 1h50mn VOSTF
avec Fares Fares, Ger Duany, Slimane Dazi, Mohamed Yousry, Hichem Yacouby, Hania Amar, Yasser Ali Maher...
Grand Prix, Festival de Sundance 2016 • Grand Prix, Beaune 2017, Festival international du film policier.
Le titre donné par le distributeur français à cet excellent polar entièrement tourné au Caire est tout sauf anodin et particulièrement bien choisi : les amateurs du genre pensent immédiatement à L.A. Confidential de James Elroy et à son adaptation cinématographique très réussie, dont l'intrigue policière était indissociable de la radiographie sans complaisance du Los Angeles rutilant et pourri des années 50, gangréné par la violence, le racisme, l'anti-communisme et la corruption. Ici c'est Le Caire qui est soumis au même détecteur de mensonges, de combines, d'hypocrisies, de comportements mafieux.
Nous sommes en 2011, peu après la révolution tunisienne de Jasmin qui a vu l'indéboulonnable dictateur Ben Ali chuter face à la détermination de la population, et peu avant ce qu'on appellera plus tard les mobilisations de la place Tahrir, esplanade centrale du Caire où se rassembleront des dizaines de milliers de manifestants qui finiront par obtenir l’abdication du président égyptien Moubarak. Mais on loin d'en être là...
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Soirée Entretoiles : Dimanche 10 à 18h au CGR
Affiche
Cliquez sur l'affiche pour la bande-annonce
K.O.
Réalisé par Fabrice GOBERT
France 2017 1h55mn
avec Laurent Lafitte, Chiaria Mastroianni, Pio Marmaï, Zita Hanrot, Clotilde Hesme, Jean-François Sivadier...
Scénario de Fabrice Gobert et Valentine Arnaud.
Allez les amis, il va falloir changer un peu vos habitudes, accepter d’emprunter l’autre chemin, celui qui vous mène dans un endroit inconnu, peut-être même dans un endroit où vous ne voulez pas aller. Une fois n’est pas coutume, il va falloir suivre un salaud, un magnifique salaud, un beau salaud comme on les aime au cinéma, un salaud qu’on va adorer détester, puis qu’on va finalement se surprendre à aimer, c’est bien là tout l’intérêt de ce petit jeu de pistes. Et des pistes, dans K.O., il y en a, suffisamment pour vous prendre à témoin, pour vous faire gagner un temps d’avance sur les personnages, mais suffisamment aussi pour vous perdre, vous égarer dans une histoire digne d’un bon polar, quand la page se tourne fébrilement avec la petite boule d’excitation au ventre qui signe l’efficacité du récit. C’est un film de genre, noir bien ficelé, qui vous entraine dans un scénario à facettes dont chacune brille d’un éclat puissant, attirant par sa force machiavélique le pauvre spectateur, le baladant au gré des rebondissements dans un récit complexe où la vérité n’est bien entendu jamais là où l’on croit. Aux manettes de cette vaste entreprise, un réalisateur qui sait bien jouer avec les nerfs du spectateurs puisque créateur de la série Les Revenants, singulière saga au charme venimeux où, déjà, la frontière entre le bon et le mauvais, le premier et le second degré, le vrai et le faux, l’imaginaire et le réel s’effaçait sous la complexité humaine... lire la suite
Soirée Entretoiles : CGR Dimanche 10 à 20h30

Et si vous voulez en savoir un peu plus...

LE CAIRE CONFIDENTIEL
Écrit et réalisé par Tarek SALEH
Egypte/Suède 2016 1h50mn VOSTF
avec Fares Fares, Ger Duany, Slimane Dazi, Mohamed Yousry, Hichem Yacouby, Hania Amar, Yasser Ali Maher...
Grand Prix, Festival de Sundance 2016 • Grand Prix, Beaune 2017, Festival international du film policier.
Le titre donné par le distributeur français à cet excellent polar entièrement tourné au Caire est tout sauf anodin et particulièrement bien choisi : les amateurs du genre pensent immédiatement à L.A. Confidential de James Elroy et à son adaptation cinématographique très réussie, dont l'intrigue policière était indissociable de la radiographie sans complaisance du Los Angeles rutilant et pourri des années 50, gangréné par la violence, le racisme, l'anti-communisme et la corruption. Ici c'est Le Caire qui est soumis au même détecteur de mensonges, de combines, d'hypocrisies, de comportements mafieux.
Nous sommes en 2011, peu après la révolution tunisienne de Jasmin qui a vu l'indéboulonnable dictateur Ben Ali chuter face à la détermination de la population, et peu avant ce qu'on appellera plus tard les mobilisations de la place Tahrir, esplanade centrale du Caire où se rassembleront des dizaines de milliers de manifestants qui finiront par obtenir l’abdication du président égyptien Moubarak. Mais on loin d'en être là…
Nourredine est un de ces policiers qui arpentent la nuit les rues survoltées de la mégalopole égyptienne, moins pour protéger les citoyens que pour rançonner petits commerçants et magouilleurs en tous genres à qui lui et ses collègues assurent protection contre rétribution. Car dans l'Egypte de Moubarak, où la police et encore plus la Sécurité nationale sont toutes puissantes, chaque citoyen a intégré la corruption comme un fait normal. Noureddine n'est ni meilleur ni pire que les autres : à quoi bon ne pas profiter de sa position quand tout le système vous y incite, et que personne ne semble devoir vous réfréner ? Il est même probable qu'il n'a pas le choix, c'est le principe de toutes les dictatures et de tous les systèmes mafieux : quand le crime et les abus de pouvoir deviennent la norme, ne pas y participer devient dangereux.
Mais ce soir-là n'est pas comme les autres : on découvre le corps sans vie d'une chanteuse dans une suite du prestigieux Nile Hilton. Une femme de chambre soudanaise désormais introuvable semble avoir été témoin du meurtre. Pour Noureddine et ses collègues, la course contre la montre débute pour trouver la jeune femme en fuite avant que les meurtriers ne la fassent taire définitivement.
L'affaire va se corser quand il s'avère qu'un homme d'affaires proche de l'entourage de Moubarak pourrait être lié au meurtre. Pour une fois, Nourredine décide de ne pas enterrer une affaire délicate pour le régime, pour une fois il choisit de ne pas en profiter pour monnayer son inaction. Pourquoi ? Une soudaine bouffée de conscience professionnelle ? Un réveil politique dans un contexte pré-insurrectionnel ? Les beaux yeux de la troublante Gina, chanteuse tunisienne amie de la victime ? En tout cas il va se retrouver pris dans un dangereux engrenage…
Maitrisant parfaitement les ressorts du polar, Tarek Saleh nous offre avec son inspecteur Noureddine un formidable personnage de anti-héros, qu'il fait se débattre dans un contexte historique, politique, social… superbement décrit. Rien que dans cette scène emblématique où on voit les policiers essayant de contenir les manifestants se retourner sans hésiter contre les snipers de Moubarak qui commencent à tirer sur la foule, on saisit le climat révolutionnaire du moment, on sait que le pays va basculer…
Pas étonnant que ce film remarquable ait remporté la récompense suprême dans deux festivals aussi différents que celui du film indépendant de Sundance (créé par Robert Redford) et celui du film policier de Beaune : Le Caire Confidentiel joue et gagne sur plusieurs tableaux, c'est pour ça qu'il est singulier et passionnant. (Utopia)

Soirée Entretoiles : Dimanche 10 à 18h au CGR


K.O.
Réalisé par Fabrice GOBERT
France 2017 1h55mn
avec Laurent Lafitte, Chiaria Mastroianni, Pio Marmaï, Zita Hanrot, Clotilde Hesme, Jean-François Sivadier...
Scénario de Fabrice Gobert et Valentine Arnaud.
Allez les amis, il va falloir changer un peu vos habitudes, accepter d’emprunter l’autre chemin, celui qui vous mène dans un endroit inconnu, peut-être même dans un endroit où vous ne voulez pas aller. Une fois n’est pas coutume, il va falloir suivre un salaud, un magnifique salaud, un beau salaud comme on les aime au cinéma, un salaud qu’on va adorer détester, puis qu’on va finalement se surprendre à aimer, c’est bien là tout l’intérêt de ce petit jeu de pistes. Et des pistes, dans K.O., il y en a, suffisamment pour vous prendre à témoin, pour vous faire gagner un temps d’avance sur les personnages, mais suffisamment aussi pour vous perdre, vous égarer dans une histoire digne d’un bon polar, quand la page se tourne fébrilement avec la petite boule d’excitation au ventre qui signe l’efficacité du récit. C’est un film de genre, noir bien ficelé, qui vous entraine dans un scénario à facettes dont chacune brille d’un éclat puissant, attirant par sa force machiavélique le pauvre spectateur, le baladant au gré des rebondissements dans un récit complexe où la vérité n’est bien entendu jamais là où l’on croit. Aux manettes de cette vaste entreprise, un réalisateur qui sait bien jouer avec les nerfs du spectateurs puisque créateur de la série Les Revenants, singulière saga au charme venimeux où, déjà, la frontière entre le bon et le mauvais, le premier et le second degré, le vrai et le faux, l’imaginaire et le réel s’effaçait sous la complexité humaine. Après Simon Werner a disparu, son premier long métrage, Fabrice Gobert signe là un film ambitieux et fait preuve d’une étonnante maîtrise dans la mise est scène (ne serait-ce que dans le choix du cinémascope qui donne aux images une force particulière).
Le salaud, c’est Antoine Leconte, homme de télévision, homme de pouvoir qui a toutes les qualités requises pour le job : arrogant, dominateur, cynique, incapable de la moindre empathie avec son entourage qu’il n'oublie jamais d'humilier avec le sourire, histoire d’asseoir son pouvoir. Il règne, avec sa gueule de beau gosse et son sourire carnassier, sur toute une petite cour mais lorsqu’il rentre le soir dans sa belle et vaste demeure des quartiers chics, croyez-vous qu’il tombe la veste pour enfiler les pantoufle du gentil mari doux et aimant ? Non, il est toujours le même salaud. Sa femme d’ailleurs, largement cocufiée, va le quitter tant elle est au bout du rouleau.
Des types comme ça ont des ennemis, forcément, et forcément un jour, c’est la tuile. Antoine se retrouve plongé dans un coma profond… Quand il en sort, tout a l'air pareil mais les choses ont changé. On ne le reconnaît plus comme avant, il y a moins de courbettes, il semble avoir moins d’autorité, mois d’ascendant sur les autres… Et pourtant son univers est toujours là, bien en place ! Le soir, quand il se présente à la grille de sa maison des beaux quartiers, pour enfin rentrer chez lui, le code ne fonctionne plus. En fait ce sont tous les codes d’Antoine qui ne fonctionnent plus…
Commence alors une descente aux enfers, ou dans un autre monde, pas un monde parallèle, non, le monde qui était à côté de lui et que, du haut de son arrogance, il ne voyait pas… Mais peut-être que non, peut-être que tout cela n’était qu’un rêve, peut-être qu’il est fou, peut-être qu’il s’agit d’un vaste complot, à moins que…
Il y a milles vies dans celle d’Antoine Leconte et mille interprétation de ce K.O. qui s’ancre à la fois dans une approche sociétale du monde du travail, ses rapports de domination et de castes, mais aussi dans une vision plus romanesque : celle de l’âme, de la reconquête de l’amour perdu, sans oublier bien entendu le fantastique. Efficace en diable. (Utopia)

Soirée Entretoiles : CGR Dimanche 10 à 20h30

 
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