Cinéclub
Mercredi 4 et jeudi 5 mars à 18H00, vendredi 6 mars à 17H50, lundi 9 et mardi 10 mars 2026 à 18H00
LAURENT DANS LE VENT
Écrit et réalisé par Anton BALEKDJIAN, Léo COUTURE et Matteo EUSTACHON - France 2025 1h50 - avec Baptiste Perusat, Béatrice Dalle, Djanis Bouzyani, Thomas Daloz, Monique Crespin...
n sujet crucial depuis les confinements, la santé mentale des moins de 30 ans, nous entraîne, avec ce film d’altitude, dans une surprenante direction, tragi-comique et bienfaisante. Laurent, comme beaucoup de filles et garçons de sa génération, peine à s’adapter à la dureté du monde contemporain. Après une nécessaire parenthèse de soins psychiatriques, le revoilà face à la page blanche de sa vie, et face aux montagnes : un petit appartement lui est prêté, avant le début de la saison de ski, afin qu’il reprenne goût au quotidien…
« Dans le vent », se disait autrefois pour signifier « à la mode ». Mais, concernant Laurent (Baptiste Perusat, au jeu délicieusement funambule), il s’agit plutôt de suggérer la disponibilité totale du personnage aux courants, parfois contraires, qui l’atteignent selon ses rencontres. Il y a une ex-voyageuse enracinée, devenue herboriste et son fils vingtenaire ; un jeune photographe marseillais quelque peu autocentré ; une dame âgée et très malade, seule en son chalet. Se dévoile, sur un périmètre restreint, une société composite, où chacun semble vivre dans une bulle étanche à celle des autres. Mais le besoin de liens forts subsiste envers et contre tout, et d’abord chez Laurent, qui n’a qu’un rêve, « aimer et être aimé ». Les autres ne sont pas en reste et, quand le désir de lien se fait désir tout court, Laurent passe, en l’assumant tendrement, des bras d’un homme à ceux d’une femme, au fil de son lent dégel sentimental.
Les trois réalisateurs ressemblent à de doux héritiers d’Alain Guiraudie et des frères Larrieu. Aussi accompli par le versant de la cocasserie impromptue que par celui de la mélancolie déchirante, le film garde, jusqu’au bout, une belle part de mystère. À l’image de Laurent, aidant une mourante comme il le ferait pour une sœur, sans qu’on sache avec certitude ce qu’il reconnaît en elle de lui et ce qu’il découvre, innocemment. (Louis Guichard, Télérama)