"Une Année Italienne", passé par la section Orizzonti du Festival de Venise 2025 (valant à celui qui interprète Antero, Giacomo Covi, le prix d'interprétation masculine), puis par d'autres festivals comme Meyzieu 2026, est une chronique douce-amère des années lycées. Se centrant sur la manière dont la naissance de sentiments vient semer le trouble dans un groupe d'amis garçons-fille, le scénario s'engage au départ sur la manière dont une étrangère peut être traitée, en potentielle souffre douleur. Histoire d'exclusion et d'intégration formant une sorte de boucle, il s'intéresse aussi à la différence persistante de perception des agissements des filles, en opposition à ceux des garçons : les uns sont des « séducteurs », les autres deviennent facilement des « putes »...
Portrait d'une jeune fille libre (formidable Stella Wendick, stoïque et fière), entourée de garçons qui apprennent à la respecter, "Une année italienne" doit énormément à son quatuor d'interprètes. Donnant un peu de fragilité au dragueur Pasini, Pietro Giustolisi a l’ambiguïté qu'il faut (son introduction en commentateur de plage sur le physique des filles sent le vécu...). Giacomo Covi imprime lui ce qu'il faut de discrétion et d'exigence distanciée à Antero, quant à Samuel Volturno il affiche un joli mélange de bonhomie et d'espoirs cachés. Ensemble, ce quatuor fait la sève de cette chronique de jeunesse aussi sincère que doucement émouvante, faisant ponctuellement place à des montages musicaux qui impriment les élans et moments heureux de ce petit groupe.(Abus de ciné)