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Entretoiles est une association loi 1901 ayant pour but la création d’événements et d’animations autour du cinéma, la contribution à l’animation cinématographique de la ville de Draguignan et des communes avoisinantes, le développement du goût du cinéma d’auteur.

L'adhésion annuelle est de 20 € (du 1er janvier au 31 décembre). Elle donne accès aux films "SOIRÉE ENTRETOILES" diffusés au CGR de Draguignan, au tarif de 5,80 €.

Vous pouvez vous inscrire à la lettre de diffusion d'Entretoiles par l'onglet "contact" afin de recevoir les programmations "Entretoiles" et "Ciné-Club" au CGR de Draguignan et des autres cinémas "arts et essais" des cinémas du voisinage (Lorgues, Cottignac, Le Luc, Salernes et Le Vox à Fréjus).

Vous pouvez contacter directement Entretoiles par l'onglet "Contact" ou par courriel à l'adresse suivante : entretoiles83@laposte.net

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Nos actualités

SOIREE A 1 FILM - ENTRETOILES

Le 21/01/2026

Dimanche 1 Février 2026 à 19H40

 

L'AGENT SECRET

 

Écrit et réalisé par Kleber MENDONÇA FILHO - Brésil 2025 2h38 VOSTF - avec Wagner Moura, Maria Fernanda Candido, Gabriel Leone... Prix de la mise en scène – Prix d’interprétation masculine pour Wagner Moura – Prix des Cinémas Art et Essai – Festival de Cannes 2025.

L agent secret visuelL’Agent secret confirme le talent exceptionnel de Kleber Mendonça Filho (Les Bruits de Récife, Aquarius, Bacurau) : c’est son œuvre la plus spectaculaire, à la fois intimiste et ample, qui, tout en approfondissant ses thématiques de prédilection, se hisse à un niveau de mise en scène exceptionnel et jubilatoire de bout en bout. Ici chaque strate de la narration s’agence à la perfection, chaque protagoniste existe et crève l’écran. C’est du grand, du très grand cinéma. Nous sommes en 1977. Sous un soleil de plomb, une Coccinelle Volkswagen roule jusqu’à une petite station service isolée dans la campagne brésilienne. Son conducteur s’appelle Marcelo (Wagner Moura). Il est en route pour Recife (justement) où il doit retrouver son jeune fils. Pour arriver à bon port, il doit refaire le plein. Mais ce qui l’inquiète dans l’immédiat, ce n’est pas vraiment l’aiguille de la jauge d’essence flirtant vers le zéro, mais plutôt ce cadavre gisant sur le sol, à quelques mètres du capot de sa voiture, à peine caché par un morceau de carton. Et pas besoin d’être un pisteur indien pour se rendre compte que, vu la densité de mouches tournant autour, le corps doit être là depuis quelques jours… Déduction tranquillement confirmée par le pompiste venu à la rencontre de Marcelo, tandis qu’une voiture de police arrive sur les lieux.
Pendant ce temps, dans les rues de Recife, le carnaval se déroule sous haute surveillance et le score morbide de 91 morts fièrement annoncé par la police militaire donne le ton du niveau d’anxiété permanent dans laquelle est plongée la population, muselée depuis 1965 par la dictature du maréchal Castelo Branco. 1977, c’est aussi l’année de sortie au Brésil du film de Spielberg Les Dents de la mer, qui remplit les salles de cinéma de la ville. Un succès boosté par cette dépêche dans les journaux : un requin a été retrouvé à 150 mètres des plages de Recife avec une jambe humaine dans la gueule ! L’enquête est en cours…
De nos jours à São Paulo, deux femmes devant des ordinateurs retranscrivent des archives audio, assemblant comme les pièces d’un puzzle les étapes et les véritables enjeux du retour de Marcelo à Recife en 1977. Un fil narratif qui va nous conduire à faire la connaissance d’une multitude de personnages, hommes et femmes, victimes ou bourreaux, résistants ou collaborateurs d’un système corrompu et violent. Dans ce récit choral, dont le sous-titre pourrait être « Il était une fois le Brésil », fiction et réalité, passé et présent ne cessent jamais de s’alimenter. Kleber Mendonça Filho jongle en maestro avec les éléments de la culture populaire et donne vie à une multitude d’intrigues passionnantes comme autant de variations de couleurs dans un même tableau. Avec finesse et sans jamais les nommer frontalement, le cinéaste déterre ainsi les soubassements des secrets étatiques de son pays et ses mécanismes sournois de contrôle, invitant à se souvenir de toutes ces âmes volontairement écartées ou éliminées de l’Histoire…
L’Agent secret fait partie de ces films très rares qui deviennent instantanément des classiques. (Utopia)

FILMS ENTRETOILES A VENIR

Le 19/12/2025

Les soirées Entretoiles pour janvier 2026

 

Dimanche 25 janvier

Father, mother, sister, brother de Jim Jarmusch : Beaucoup de tabous, de grands moments de sincérité, une douce tristesse, des sourires esquissés : la famille est montrée, analysée, disséquée à travers trois portraits de groupe d’une grande finesse.

Nos ciné-clubs

Semaine du 21 janvier : Les aigles de la république de Tarik Saleh, Un beau, un grand biopic, en cinémascope et en technicolor. Avec du suspense, du drame, de hautes valeurs morales et de l’action !,

Semaine du 28 janvier : Deux procureurs de Serguei Loznitsa, un conte grinçant et cauchemardesque, une peinture excluant toutes couleurs vives, ne laissant que noir, gris, brun, et par endroits rouge sang.

Semaine du 4 février : Love me tender de Anna Cazenave Gambet,  avec beaucoup de délicatesse, la réalisatrice filme la mue passionnante d’une femme qui bataille pour se construire face à une adversité impitoyable.

 

5ème Festival du cinéma asiatique

 

Vous pourrez renouveler votre adhésion Entretoiles en nous retrouvant dans le hall de CGR  avant les séances de la prochaine  soirée Entretoiles ( dimanche 11 et 25 janvier 2026).   Pour la modique somme de 20 euros, vous recevrez une magnifique carte  rouge toute neuve qui sera valable à partir du 1er janvier  2026 et vous donnera accès à tous les trésors de cinéma que nous vous  préparons pour l’année prochaine.  

Vous pourrez également voter à l’Assemblée Générale d’Entretoiles qui se tiendra le vendredi 13 février 2026 au Restaurant du Théâtre de l'Esplanade à Draguignan.  Merci de noter la date de ce moment d’échanges dans vos agendas.

Lors du renouvellement de votre   adhésion, nous vous proposerons de signer une procuration pour cette AG selon le modèle joint à ce message.  Cette procuration sera bien entendu caduque dans le cas où vous  pourriez être présent(e) à l’AG du 13 février.  Si vous ne pouvez être   présent(e), la procuration vous permettra néanmoins de participer à   cette importante AG lors de laquelle nous délibèrerons sur une révision de nos statuts et d’autres sujets (détails dans le texte de la   procuration jointe).

CINE_CLUB ENTRETOILES

Le 11/12/2025

 

Cinéclub

 

Mercredi 28, jeudi 29, vendredi 30 janvier, lundi 2 et mardi 3 février 2026 à 17h50

DEUX PROCUREURS

 

Écrit et réalisé par Sergueï LOZNITSA - Europe 2024 1h58  VOSTF - avec Aleksandr Kuznetsov, Aleksandr Filippenko, Anatoliy Belyy... D’après la nouvelle de Georgy Demidov.

Où que le regard se tourne, la réalité semble perdre toute rationalité, le haut devient le bas, le bourreau la victime, le tyran l’opprimé… Chaque individu se retrouve prisonnier de sa propre boucle algorithmique, face à son double informationnel monstrueux, à ses peurs les plus intimes amplifiées jusqu’à la déraison par des images produites par des intelligences artificielles (dé)génératives qui tendent de plus en plus à s’auto-alimenter. Nos sociétés n’en sont que plus fragilisées, les totalitarismes se nourrissant de ces mécanismes pour arriver au pouvoir et s’y maintenir. Alors que les scientifiques, le pouvoir judiciaire, garant de l’État de droit, et les journalistes qui documentent le réel sont de plus en plus attaqués, il n’a jamais été aussi nécessaire de se replonger dans l’analyse de ces monstres du XXe siècle que l’on croyait connaître et qu’on imaginait disparus.
Sergueï Loznitsa a réalisé peu de fictions, mais toujours des paraboles à l’expressivité, au grotesque monstrueux, et à l’humour extrêmement marquant (My Joy, Donbass, Une femme douce…). D’abord mathématicien spécialisé en intelligence artificielle à l’Institut de Cybernétique de Kiev, il s’emploie surtout, depuis sa bifurcation vers le cinéma dans les années 1990, à chroniquer la réalité de son pays, l’Ukraine, de ses origines soviétiques à la guerre avec la Russie, à travers de nombreux films documentaires : en particulier Le Procès en 2018, basé sur les archives d’un procès-spectacle stalinien de 1930, où des scientifiques soviétiques s’accusèrent publiquement de crimes qu’ils n’avaient jamais commis, instaurant la peur et la suspicion, et annonçant les grandes purges staliniennes de la fin des années 30. L’esthétique hypnotisante de ces images carrées en noir et blanc a nourri son adaptation de la nouvelle de Georgy Demidov (ces archives devaient même à l’origine être utilisées dans la fiction). Arrêté en 1938 à Kharkiv, où il travaillait comme physicien expérimental à l’Institut Technique, Demidov a passé quatorze ans au Goulag, dans les camps qu’il décrivait comme des « Auschwitz sans fourneaux ». Issu de cette expérience, Deux procureurs, écrit en 1969, ne put être publiée que quarante ans plus tard, en 2009.  Inspiré par l’histoire du Capitaine Kopeikin des Âmes mortes de Gogol, avalé par la bureaucratie du régime tsariste à St Pétersbourg, par Le Procès de Kafka, par les contes populaires russes et la thématique du double que l’on retrouve dans de nombreuses paraboles fantastiques, Sergueï Loznitsa a fait de cette nouvelle un conte grinçant et cauchemardesque, une peinture excluant toutes couleurs vives, ne laissant que noir, gris, brun, et par endroits rouge sang… tournée en partie à Riga, dans une prison datant de l’époque impériale russe, récemment fermée pour insalubrité.
1937. Des milliers de lettres de détenus accusés à tort par le régime soviétique sont brûlées dans une cellule de prison. Contre toute attente, l’une d’entre elles arrive à destination, sur le bureau du procureur local fraîchement nommé, Alexander Kornev, bolchévique idéaliste et intègre. Lequel fait tout pour rencontrer le prisonnier, Ivan Stepniak, procureur lui aussi, torturé et proche de la mort, qui lui demande de faire connaître cette injustice. Kornev, agissant selon ce qu’il croit être logique et juste, persuadé qu’il s’agit d’une erreur, va tenter de porter ce témoignage à la connaissance des plus hautes autorités, et découvrira en chemin la réalité du monde totalitaire qui l’entoure…
La composition très subtile des plans fixes qui composent le cadre implacablement carré, scène après scène, de cette histoire, renforce l’aliénation de ce personnage de conte. Le film est à l’image des constructions mathématiques absurdes et fascinantes d’Escher, telle cette Maison aux escaliers où plus rien n’a de sens, dont la mécanique savante emprisonne l’individu pour l’éternité dans une infernale machine. Évoluant dans des décors à l’architecture expressionniste massive et écrasante, rencontrant des personnages au sourire grimaçant et au visage d’une froideur terrifiante, Kornev est comme cet homme qui l’interpelle dans un escalier de l’immeuble au siège de l’administration : « je cherche la sortie ».(Utopia)

 

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