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Entretoiles est une association loi 1901 ayant pour but la création d’événements et d’animations autour du cinéma, la contribution à l’animation cinématographique de la ville de Draguignan et des communes avoisinantes, le développement du goût du cinéma d’auteur.

L'adhésion annuelle est de 20 € (du 1er janvier au 31 décembre). Elle donne accès aux films "SOIRÉE ENTRETOILES" diffusés au CGR de Draguignan, au tarif de 5,80 €.

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CINE_CLUB ENTRETOILES

Le 11/12/2025

Ciné club Entretoiles au CGR : mercredi 16, jeudi 17, vendredi 18, lundi 21 et mardi 22 septembre 2026 à 17H50

THE CHRISTOPHERS

 

À eux seuls le charme et l’abattage impressionnants du duo d’interprètes britanniques – Ian McKellen qu’on ne présente plus et Michaela Coel qui est une véritable découverte pour qui ne l’a pas vue dans ses séries HBO ou Netflix – suffiraient à justifier la vision de ce nouveau film du très éclectique Steven Soderbergh, qui signe ici une œuvre discrète, presque intimiste. Unité de lieu, d’action – et presque de temps : le réalisateur et son scénariste Ed Solomon se sont débarrassés de toute fioriture, ont épuré le récit et la mise en scène pour se concentrer sur les personnages et leurs interprètes, avec comme objectif une forme simple en apparence – mais d’une intense richesse émotionnelle. Le résultat est un petit bijou d’écriture ciselée, précise, percutante où chaque réplique fait mouche, et où la prose virevolte comme les vers d’un grand drame élisabéthain.

Julian Sklar, ancienne figure majeure du pop art londonien célébrée dans les années 1960/1970, est devenu un vieux bonhomme excentrique et misanthrope qui, après s’être commis dans des émissions télé vulgaires de type Nouvelle star pour artistes plasticiens en herbe, n’a plus rien peint depuis des décennies. Il vit reclus dans sa grande maison bourgeoise de Londres, véritable capharnaüm à l’image de ce qu’a été sa vie : foutraque, fuyante, sans limite entre l’art, l’être et le paraître. L’artiste, définitivement inséparable de l’homme, n’a plus de comptes à rendre à personne, ni aux galeristes, ni aux mondains, ni aux critiques. Ses seuls contacts avec le monde sont la visite régulière d’une masseuse et, derrière son écran d’ordinateur, les dédicaces qu’il vend à des admirateurs, monnayant sa signature pour payer ses factures. Dans son atelier, les huiles, les pinceaux, les pots, l’ocre, le carmin, le cyan, les toiles vierges et les cadres en bois sont depuis longtemps oubliés dans un coin…

Mais au dernier étage de la maison bat encore timidement, sous un lit de poussière, un cœur brûlant, objet de toutes les convoitises : « The Christophers », une série de huit toiles inachevées. « Toutes les convoitises » ? Non. Seulement celles des deux quadragénaires mesquins qui lui font office de descendance : Barnaby et Salli, frère et sœur mi-andouilles, mi-ignares qui n’attendent qu’une chose : que le vieux qui a joué dans sa vie bien des rôles, mais pas celui du père aimant, passe l’arme à gauche pour pouvoir palper l’héritage. Et bien sûr, si les fameux « Christophers » pouvaient être achevés, ils n’en auraient que plus de valeur. Ils font alors engager Lori, restauratrice talentueuse (et donc un peu faussaire) comme « assistante » de Julian – avec comme mission secrète de finir les huit toiles. Mais le vieux a beau être malade, solitaire comme un loup et cinglant comme un crachin londonien, il n’a rien perdu ni de sa verve, ni de sa perspicacité, ni de son charme insolent de grand manipulateur.

Elle est calme, il est impétueux. Dans un huis-clos qui sent bon la térébenthine, ces deux-là que tout oppose ont un langage commun : celui de l’art. C’est cette conversation passionnante que filme Steven Soderbergh avec un plaisir évident et partagé, nous offrant le chant du cygne bouleversant d’un homme que la peinture viendra saisir une dernière fois et qui fera sienne cette pensée de Gilles Deleuze : « L’art, c’est ce qui résiste : il résiste à la mort, à la servitude, à l’infamie, à la honte ».

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